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Amérique Latine

Jeudi 13 octobre 2005 4 13 /10 /2005 00:00

 

¡Mexicanos! Tenéis la razón y yo estoy con vosotros. Podéis contar con mi apoyo. Y habéis de saber que no es Francia la que os hace la guerra, es el Imperio. Estoy de veras con vosotros, porque todos estamos frente al Imperio; vosotros en México y yo en Europa. Vosotros en la patria y yo en el destierro. Combatid, luchad, sed terribles y si creéis que mi nombre vale para algo, serviros de él. ¡Apuntad a la cabeza de ese Imperio con el proyectil de la libertad! ¡Valientes hombres de México! Resistid a la perfidia y a la traición. Y si así lo hacéis, venceréis. Pero sabed que vencedores o vencidos, Francia será siempre vuestra hermana en vuestra gloria como en vuestra desgracia. Yo, por mi parte, envío a los vencedores mexicanos mi fraternidad de ciudadano libre, y si vencidos, mi fraternidad de proscrito.

Victor Hugo

1864


 

 

Résistez à la perfidie et à la trahison

Mexicains ! Vous avez entièrement raison. Vous pouvez compter sur mon soutien. Et vous devez savoir que ce n’est pas la France qui vous fait la guerre, c’est l’Empire. Je suis vraiment avec vous, parce que nous sommes tous contre l’Empire ; vous au Mexique et moi en Europe. Vous dans votre Patrie et moi en exil. Combattez, luttez, soyez terribles, et si vous croyez que mon nom peut être utile, servez-vous-en. Tirez à la tête de cet Empire avec le projectile de la liberté ! Courageux mexicains ! Résistez à la perfidie et à la trahison. Et si vous faites cela, vous vaincrez. Mais sachez que vainqueurs ou vaincus, la France sera toujours votre sœur dans votre gloire ainsi que dans votre disgrâce. Moi, pour ma part, j’envoie aux vainqueurs mexicains ma fraternité de citoyen libre, et si vous êtes vaincus, ma fraternité de proscrit.

Victor Hugo

1864

(version française traduite à partir de la version espagnole parue dans " Protagonistas de América, Benito Juárez ", de José Alcina Franch, Historia 16, par Numancia Poggi)

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Lundi 14 novembre 2005 1 14 /11 /2005 00:00

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MINISTÈRE DES DES RELATIONS EXTÉRIEURES

Caracas, 14 NOVEMBRE 2005

 

Le Venezuela retire son ambassadeur au Mexique


Voici l'intégralité du communiqué officiel diffusé par la Chancellerie vénézuélienne à propos de la crise provoquée par les commentaires du Président mexicain Vicente Fox à l'encontre du Président vénézuélien Hugo Chavez, à la fin du Sommet des Amériques de Mar del Plata [Argentine] :

 


 

 Le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela a été informé par le Gouvernement du Mexique de sa décision de " baisser " le niveau des relations entre les deux gouvernements en raison de ce qu'ils considèrent comme un attentat du Président Hugo Chavez contre " la dignité du peuple et du gouvernement mexicains ", exigeant de façon préremptoire des excuses dans un délai déterminé. Dans cette situation, le Gouvernement du Venezuela déclare :

  • 1. Le Gouvernement du Venezuela rejette totalement, s'agissant d'une agression insensée, l'ultimatum émis par le gouvernement du Mexique selon lequel, si le Gouvernement vénézuélien ne s'excuse pas, il ordonnerait le retrait de notre ambassadeur.
  • 2. Cette situation relève de l'entière responsabilité du Président Fox. En effet, dès son arrivée à Mar del Plata, il a publiquement attaqué la position défendue par le Gouvernement vénézuélien lors des négociations préparatoires du 4ème Sommet des Amériques. Notre Gouvernement, convaincu que s'ouvrait un débat qui pouvait être positif pour éclaircir les positions devant nos peuples, était resté prudemment silencieux.
  • 3. Une fois achevé le 4ème Sommet des Amériques, le Président Fox a de nouveau attaqué la position vénézuélienne dans des termes irrespectueux, -très diffusés et qui n'ont jamais été dementis- envers le Président Chavez. Le Gouvernement a attendu patiemment que se produise une expression positive de la part du Président Fox. Cela ne s'étend pas produit, la réponse donnée par le Président Chavez était nécessaire.
  • 4. Le Président Chavez, conséquent avec la pratique démocratique de notre pays, a rendu public ce qui s'est passé à Mar del Plata, à l'occasion de son émission dominicale dans des termes qui, de plus, avaient déjà été exprimés lors des délibérations du 4ème Sommet en présence de tous les Chefs d'Etat, y compris le Président Fox.
  • 5. Face à cette situation, créée par le Gouvernement mexicain, le départ immédiat de notre ambassadeur Vladimir Villegas a été ordonné, un Chargé d'Affaires étant désigné en substitution.
  • 6. Finalement, le Gouvernement de la République Bolivarienne du Venezuela réaffirme son profond respect pour le peuple frère du Mexique, dont les traditions patriotiques et anti-impérialistes ont toujours été prises en exemple par notre peuple et par notre Gouvernement.   

  Source : http://www.mre.gov.ve/Noticias/A2005/comunic-318.htm

Traduction : Numancia Poggi

 

 

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Dimanche 23 juillet 2006 7 23 /07 /2006 12:45

LE VENEZUELA MEMBRE A PART ENTIERE DU MERCOSUR

ET CANDIDAT AU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU

Le Sommet du MERCOSUR qui s’est tenu à Cordoba, Argentine, s’est terminé vendredi 21 juillet avec la signature de plusieurs accords, parmi lesquels le Grand Gazoduc du Sud et l’engagement des nations représentées de construir une intégration basée sur la solidarité.

Etaient présents à ce Sommet : Néstor Kirchner d’ Argentine, Luiz Ignácio Lula Da Silva du Brésil, Tabaré Vázquez d’ Uruguay, Nicanor Duarte du Paraguay et pour la première fois Hugo Chávez président du Venezuela, nouveau membre du MERCOSUR ; la Présidente du Chili Michelle Bachelet, le bolivien Evo Morales y le cubain Fidel Castro , celui-ci "invité spécial".

Le Président Kirchner a défendu un " Mercosur Social " et invité la Bolivie, le Mexique et les autres pays de l’Amérique Latine à se joindre à cette initiative ?

Le Président Lula du Brésil a reconnu que le Mercosur passait par des  moments d’inquiétude et qu’il est nécessaire d’être patients pour surmonter les obstacles venant des secteurs conservateurs qui souhaitent son échec.

La Déclaration de Cordoba signée par tous les Présidents célèbre l’entrée du Venezuela au Mercosur, reconnaissant que cette adhésion représente un pas historique dans la consolidation du processus d’intégration.

Le texte exprime aussi l’intention d’établissement de liens commerciaux avec l’Union Européenne.

Plusieurs accords bilatéraux ont également été signés entre les pays représentés et tous ont signé un communiqué condamnant le conflit au Moyen Orient

Les participants ont ensuite exprimé leur soutien à la candidature de la République Bolivarienne du Venezuela en tant que membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour la période 2007 – 2008 ; pour des motifs évidents, cette candidature est combattue activement par le grand voisin du Nord.

 

http://www.telesurtv.net/home21jul11.php?PHPSESSID=868eab3f52d3a2df269f8ad756694f34

 

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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /2007 18:10
Si la tragédie, dans le sens classique, est configurée comme une situation sans issue où tous les chemins du conflit conduisent à la douleur, aucun des peuples du monde ne mérite de vivre dans la tragédie.
Et bien évidemment, la Colombie non plus.
 
Nous qui, pour la défense de l'humanité, visualisons un monde où la liberté et la joie collectives se basent sur la justice,  qui refusons de croire qu'en Colombie la tragédie a été consolidée comme un destin inéluctable, incontournable
 
Nous sommes, au contraire, convaincus de ce que, dans ce pays tant aimé , l'heure est arrivée de finir avec cette longue période de violence structurale, pour entreprendre, une bonne fois pour toutes, la route de la paix.
 
Donc, entre autres choses, la Colombie doit accompagner les peuples et les nations soeurs dans la construction de l'unité latino-américaine et des Caraïbes  et pour cela il est prioritaire que la Colombie puisse résoudre   ses conflits internes.
 
Nous reconnaissons qu’il est difficile de démonter l'univers d'intérêts créés, les positions, les raisons et même les ressentiments qui nourrissent le conflit. Que peut-être la construction de la paix soit de celles qu'il faut construire pas à pas, geste après geste, accord après accord,  s'appuyant  toujours sur la bonne volonté des parties en conflit
 
Nous croyons le moment arrivé pour y réussir.
 
La médiation du Président Chávez, acceptée par le Gouvernement de la Colombie et par les FARC, en relation avec l'échange humanitaire, offre une opportunité extraordinaire. Nous pensons qu'il est très important de ne pas la gaspiller.
 
Nous lançons donc un appel à tous   à accompagner en premier lieu l'effort du Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Chavez Frias,  en facilitant les choses pour que l'échange puisse être réalisé à courte échéance. Et une fois obtenu celui-ci, à consolider un chemin de paix qui soit irréversible, avec l'assurance de ce que, non seulement les familles et les communautés affectées, mais le peuple de la Colombie et le monde entier seront reconnaissants.
 
 
MERCI D’ENVOYER VOTRE SIGNATURE D'ADHÉSION PAR MAIL à  :
Destinataires   :  apoyoacuerdohumanicabohorquez@gmail.com 
                                  cabohorquez@gmail.com 
Cc : cbparis@free.fr
 
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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 18:11


  S’il y a quelqu’un qui est mal placé pour faire taire un autre dans les réunions ibéroaméricaines, c’est bien le roi d’Espagne, qui est le seul chef d’État ou de Gouvernement qui n’a pas été élu par ses citoyens. S’il y a des gens qui ont raison dans leurs interventions à la Conférence ibéroaméricaine, ce sont ceux qui traitent de fasciste José María Aznar et dénoncent la voracité impérialiste des entreprises espagnoles en Amérique latine.
   À la charge d’Aznar il suffit de rappeler sa complicité avec Bush et ses voyages dans l’avion du patron de la mafia qui organise les attaques terroristes à Cuba partant de Miami et qui a participé dans le financement de ses campagnes électorales. Quant au roi Juan Carlos, il suffit de lui demander pourquoi il ne demande pas au roi du Maroc de se taire à chaque fois que celui-ci manifeste sa souche dictatoriale. Contre les entreprises multinationales espagnoles, il suffit de leur rappeler qu’elles font leurs affaires en Amérique latine grâce à leur complicité avec ces gouvernements qui ont privatisé les entreprises pour les leur brader au rabais et avec la garantie d’opérer dans des marchés captifs. Il est plus qu’évident que Zapatero préfère se réconcilier avec Bush au lieu de faciliter la nouvelle et authentique intégration de l’Amérique latine.
   Qui a dit au Bourbon franquiste qu’il a l’autorité d’interdire de parole le président latino-américain le plus plébiscité ? Pourquoi Zapatero défend-il le fasciste Aznar au lieu de collaborer avec la nouvelle insurrection latino-américaine ?
   On peut vérifier dans les archives que le gouvernement d’Aznar et la CEOE (Confédération espagnole de chefs d’entreprise) ont été complices des USA dans le coup d’État (de 2002) contre Chávez. Et l’on peut aussi vérifier que tous les grands médias ont applaudi à ce coup et qu’ils furent obligés de faire amèrement marche arrière lorsque la légalité fut finalement rétablie. . Est-ce que le roi d’Espagne a demandé aux auteurs du coup d’État vénézuélien qu’ils se taisent ? Pourquoi tu ne te tais pas, Juan Carlos ?
AUTEUR:  José Manuel MARTIN MEDEM
Traduit par  Manuel Talens, révisé par Fausto Giudice
 
 
                                                 
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Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /2007 09:40
Interview de Maurice Lemoine, par François Miguet
(lundi 12 novembre 2007)
En réponse aux provocations du président vénézuélien, qualifiant de "fasciste" l'ancien Premier ministre espagnol Jose-Maria Aznar, le roi d'Espagne Juan Carlos a sommé Hugo Chavez de "se taire".
Pourquoi le ton monte-t-il entre l'Espagne et le Venezuela ?

- Chavez a, en effet, prononcé des mots durs, mais il s'agit de remettre son intervention dans le contexte. Le président vénézuélien a pris la parole après les interventions des présidents du Nicaragua et de la Bolivie: Daniel Ortega et Evo Morales. Ceux-ci, qui venaient de dénoncer le modèle néolibéral, ont été aussitôt réfutés par le Premier ministre espagnol Jose-Luis Zapatero, qui a critiqué les nationalisations.
Hugo Chavez, intervenant juste après, a mis en cause, tout comme le président argentin Nestor Kirchner précédemment, l'action des multinationales espagnoles en Amérique latine. Puis, il a tenu à rappeler la reconnaissance immédiate apportée par l'ancien Premier ministre espagnol Jose-Maria Aznar, au coup d'Etat mené par Carmona, contre lui, le 11 avril 2002. Je ne me prononcerai pas sur le mot "fasciste", mais il est vrai que Jose-Maria Aznar (tout comme Washington à l'époque) avait tout de suite apporté son soutien au coup d'Etat (dès le 12 avril).
Après, les réactions de Jose-Luis Zapatero et du roi Juan Carlos sont normales: Ils se devaient de ne pas perdre la face devant l'opinion espagnole.
Sur le fond, c'est la distance entre la vision de l'Espagne et des antilibéraux latino-américains sur l'économie qui pose problème. Il y a là un net affrontement idéologique.
Du point de vue des dirigeants latino-américains, l'hostilité envers les multinationales espagnoles est assez compréhensible.
Prenons l'exemple de l'Argentine: lorsque Nestor Kirchner est arrivé au pouvoir, en 2001, il a remis en cause nombre d'avantages qu'avaient obtenus des multinationales, notamment espagnoles, lors des privatisations d'entreprises nationales. Il s'est passé la même chose au Venezuela et en Bolivie, après les élections d'Hugo Chavez et d'Evo Morales. Les responsables espagnols défendent les entreprises ibériques.
Globalement, on assiste à un affrontement entre deux modèles économiques.

Hugo Chavez, connu pour ses nombreuses provocations publiques, avait notamment traité, lors d'un discours à l'ONU ( le 20 septembre 2006), le président américain Georges W. Bush de "diable". Quel but recherche-t-il à travers ses provocations ?
- On peut contester les formulations brutales d'Hugo Chavez. Mais cette différence de langage est intéressante car elle témoigne bien, là aussi, de l'affrontement entre deux mondes.
Lorsqu'il tient ces propos devant l'assemblée générale des Nations Unies, le président vénézuélien s'en prend plus à la politique de Georges W. Bush qu'aux Américains.
Force est de constater que, sur un plan commercial, les relations marchent bien entre le Venezuela et les Etats-Unis.
Le président Hugo Chavez a le verbe facile, il met moins de gants que certains. Cependant, il dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Après, on peut toujours se poser la question des conséquences de l'emploi d'un tel langage: est-ce que les Etats-Unis lui seraient moins hostiles, si Hugo Chavez mettait plus de gants ?
Je n'en suis pas sûr. S'agissant de l'Espagne, c'est plus circonstanciel. C'est presque anecdotique.

L'altercation, en fin de rencontre, entre le président vénézuélien et le roi d'Espagne, semble avoir quelque peu éclipsé le 17e Sommet Ibéro-Américain, qui s'est achevé samedi 10 novembre. Sur quoi a-t-il débouché ?
- Comme tous ces grands sommets, cela n'a pas débouché sur grand-chose. Beaucoup de déclarations de bonnes intentions qui n'apportent pas de réponses concrètes. Du vide.
D'où, finalement, le ton un peu vif employé par certains intervenants agacés: le Nicaragua, la Bolivie, l'Equateur et le Venezuela. Ces Etats veulent des transformations rapides et radicales pour eux et pour toute l'Amérique latine. L'Espagne, elle, ne partage pas ce point de vue.
Si, au final, les médias ont surtout raconté l'altercation entre le roi Juan Carlos et le président Hugo Chavez, c'est qu'il n'y avait pas grand-chose à dire du sommet lui-même.
http://tempsreel. nouvelobs. com/actualites/ opinions/ 3_questions_ a/20071112. OBS4406/

 
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /2008 13:19
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COMMUNIQUE DE L’AMBASSADE DE LA
REPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU VENEZUELA EN FRANCE
 
Le peuple français remercie le Président Chavez pour la libération
de Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo
.
 
Paris, 11 janvier 2008.
 
« Je ne suis qu’un humble citoyen français, mais je tiens toutefois à vous remercier pour l’action de votre pays et plus précisément du Président Chavez pour la libération des otages de la guérilla colombienne ».
 
 
 
D’innombrables messages de soutien sont parvenus par courrier et par téléphone à notre Ambassade à Paris, pour remercier l’action de notre gouvernement en faveur de la libération des citoyennes Clara Rojas et Consuelo González de Perdomo et en faveur de la paix en Colombie.
 
 
 
Il faut souligner l’importance particulière que revêt le conflit colombien dans le cœur des français et dans l’opinion publique, du fait de la situation de la franco colombienne Ingrid Betancourt, retenue par les FARC depuis le 23 février 2002. Le processus de médiation du Président Chavez et la libération de Clara et Consuelo ont réveillé les espoirs des français pour la libération d’Ingrid Betancourt.
 
 
 
« Notre émotion est grande, nous avons pour le Venezuela et Monsieur le Président Chavez un immense respect et une grande considération ».
 
 
 
« Félicitations au Président Chavez pour son action magnifique en Colombie ».
 
 
 
Le Président français Nicolas Sarkozy, le Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, l’ex-ministre socialiste Jack Lang, l’Eurodéputé Francis Wurtz, les comités de soutien à Ingrid Betancourt, sa sœur Astrid Betancourt et sa fille Mélanie, le Parti Socialiste Français, Les Verts, ainsi que diverses autres personnalités politiques françaises ont également remercié le Président Chavez pour son action.
 
http://www.embavenez-paris.com/





Emmanuel, l’enfant colombien, ou le karma de l’Union Patriotique
 
Caracas, Vendredi 11 janvier 2008
Numancia Martínez Poggi
 
Au milieu du XXe siècle Jorge Eliécer Gaitán, défenseur de l’idéal socialiste, avait appelé à la concorde et à la patience avant de tomber sous les balles de la CIA – des centaines de milliers de Colombiens, libéraux ou présumés tels, disparaissent dans la tourmente. Camilo Torres Restrepo, débonnaire curé universitaire, de forte sensibilité sociale, avait au début des années 1960 mobilisé les énergies dans le Front Uni, avant d’être cerné par la répression et de devoir rejoindre les maquis de l’ELN. Mal préparé le novice guérillero meurt le 15 février 1966 ; une croix lumineuse sort de terre et traverse l’Amérique latine pour éclairer les âmes prostrées et les inviter à la lutte.
 
Au début des années 1980, quand les FARC acceptent de tenter l’expérience d’une réinsertion dans la vie politique non armée, d’aucuns considèrent que le risque est élevé, d’autres plus alarmistes, ou plus lucides, crient folie. L’analyse qui s’impose cependant dans la guérilla est que rien n’est pire que la guerre – elle doit être épargnée au peuple colombien. L’Union Patriotique (UP) naît donc, il y a une génération – rassemblement politique de gauche impulsé dans l’enthousiasme radieux par les militants communistes et quelques commandants farianos descendus des montagnes. On croit au miracle, tant bien que mal l’UP s’organise, et la réponse est à la hauteur de la soif de changement. La gauche sort des catacombes : partout où ils se présentent les militants de l’UP emportent l’adhésion populaire, les émouvants meetings catalysent les énergies et les victoires électorales se multiplient. Dangereusement.
 
 
 
   Aussitôt c’est l’hécatombe, de rigueur, l’État et son para-État lancent une guerre d’extermination. Les chiffres sont discutés, « quelques centaines » de morts disent les intellectuels du dispositif culturel dominant, 2500 morts dit parfois le quotidien unique El Tiempo (http://www.eltiempo.com/tiempoimpreso/edicionimpresa/justicia/2007-1
1-08/ARTICULO-WEB-NOTA_INTERIOR-3806543.html), la militante du Parti libéral Piedad Córdoba dit 3000 morts (http://www.derechos.org/nizkor/colombia/doc/cordoba.html#Contexto), « plus de 3000 » dit le fils de martyr Ivan Cepeda (http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/CEPEDA_CASTRO/12196), 3500 dit l’agence IPS (http://www.ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=37921), 5000 dit le médecin Alberto Pinzón Sánchez, ex membre de Commission des Notables lors du Processus de Paix (http://www.argenpress.info/notaold.asp?num=026967). L’UP est en tout état de cause bien pulvérisée. Les deux candidats présidentiels successifs assassinés, Jaime Pardo Leal et Bernardo Jaramillo, comme tous leurs camarades de l’UP, ont disparus et ont été semés en terre dans l’assourdissant silence du dispositif culturel dominant. Qui connaît leur nom aujourd’hui ? Un bon rouge est un rouge mort, certains le pensaient, les plus vulgaires le disaient. En Colombie c’était mis en pratique.
 
 
 
   Certains militants font courageusement le choix de continuer le combat sur la place publique. Certains renoncent à l’activité politique, et c’est bien compréhensible. Certains plongent dans la clandestinité. Les cadres farianos, ceux qui n’ont pas été assassinés, qui avaient laissé leur fusil dans la forêt courent vite le reprendre décidés à ne plus s’en démunir.
 
 
 
   Dans les quartiers populaires, où l’on est exposé à tous les risques, l’UP réunissait le meilleur de la jeunesse, celle qui dit non à la drogue et non à la violence. Ces jeunes disent non à tous les vices, et préconisent le sport et l’étude. Les militants de l’UP ce sont ceux qui croient à la solution collective pour les humbles ; nourris d’un idéal, ils s’élèvent au-dessus des satisfactions immédiates. La crème de la jeunesse populaire. Le sport justement. Face au désastre, que faire ? Leur horizon c’est le maquis. Dans les zones populaires à Bogotá, la légende de la guérilla fait partie de l’arrière-fond culturel chez ces gens d’urbanisation récente. Combien de drames familiaux ? Combien de conversations ? Combien de fiancées impatientes ?  Reste à écrire la chronique de ces milliers de décision, de ces milliers de voix, mais qui ne sont en fait qu’une seule voix, la voix du meilleur de la jeunesse colombienne, les jeunes garçons assez raisonnables pour ne pas accepter la déroute et assez fous pour céder à l’aimant de la montagne.
 
 
 
   Il part inquiet, laissant ses proches, sa famille et ses camarades, exposés à la folie meurtrière du para-État. Il n’a pas la certitude d’être plus vaillant que ceux qui restent. Le garçon qui part, empli d’interrogations, est seulement certain d’aller contribuer à l’immense effort collectif de construction de la Nouvelle Colombie. Pour être utile, il part, puisque la vieille voiture verte est devant la porte, à l’heure convenue. Maman pleure, entre fierté et terreur. Puis elle apprend à garder le silence. C’est l’autre grand-mère d’Emmanuel, c’est l’autre Colombie.
 
 
 
   Dans un communiqué en sept points daté du 9 décembre 2007, mais connu seulement le 18 décembre, les FARC-EP annoncent officiellement qu’elles vont libérer trois personnes qu’elles retiennent en otage : Consuelo González de Perdomo, Clara Rojas et son enfant Emmanuel. Le communiqué signale que les deux dames et l’enfant seront remis au président vénézuélien Hugo Chávez ou à toute personne que celui-ci désignerait. Le communiqué est rendu public par l’agence cubaine Prensa Latina. Inhabituel. Aussi inhabituel que la différence entre la date de la diffusion – 18 décembre 2007 – et la date portée sur le communiqué – 9 décembre.
 
 
 
   Le mercredi 26 décembre 2007 Chávez donne une conférence de presse internationale où il fait savoir qu’une formule a été trouvée avec les FARC-EP pour la remise des trois otages : une caravane humanitaire aérienne partirait à Villavicencio, capitale départementale colombienne qui se trouve à une centaine de kilomètres de Bogotá, puis irait dans un deuxième temps prendre en charge les trois personnes là où les FARC-EP les remettraient. Il signale que la caravane aura un caractère international, sept pays en tout sont impliqués, en plus de la Croix rouge internationale. Chávez signale qu’il ne manque que le feu vert du gouvernement colombien. Ce dernier donne, instantanément, son accord.
 
 
 
   Le samedi 29 décembre la caravane humanitaire arrive à Villavicencio, c'est l'Opération Emmanuel. Une petite foule de journalistes est présente dans la modeste capitale départementale, pour ce qui devrait être l’événement politico-humanitaire de cette fin d’année. Le temps passe et rien ne se produit, les choses traînent étrangement.
 
 
 
   Le lundi 31 décembre 2007, le président colombien Álvaro Uribe Vélez se présente à Villavicencio et discute avec les membres de la commission internationale, notamment Nestor Kirchner. Il leur fait part de certains soupçons qui sont les siens quant à la situation de l’enfant Emmanuel. Au cours de cette réunion le président Uribe Vélez apprend que le président Chávez est en train d’annoncer la suspension de l’opération de la part des FARC-EP pour des raisons de sécurité.
 
 
 
   Après cette réunion Uribe Vélez donne une conférence de presse pour faire connaître son hypothèse : les FARC-EP ne remettent pas les trois otages parce que le petit Emmanuel n’est pas entre leurs mains. Cela déclenche toutes sortes de commentaires. Certains jugent cette hypothèse implausible, voire impossible, d’autres considèrent qu’Uribe Vélez dit vrai comme toujours. Les membres de la caravane internationale humanitaire se dispersent et partent passer le premier jour de l’année 2008 avec leurs proches. Des tests d’ADN devraient rapidement permettre de valider ou d’invalider l’hypothèsed’Uribe Vélez.
 
 
 
   L’ADN d’un jeune enfant nommé Juan David, présumé être le véritable enfant de Clara Rojas et d’un guérillero chargé de sa garde, est confronté à l’ADN de la mère de Clara Rojas. L’ADN de Juan David est également confronté à celui du frère de Clara Rojas. Le vendredi 4 janvier 2008 le fiscal general colombien Mario Iguaran fait savoir en conférence de presse que l’ADN de Juan David, confronté à ceux de la famille de Clara Rojas, présente sur des caractères hautement spécifiques une concordance totale ; ce qui permet d’établir qu’il est « très probable » que le petit Juan David appartienne à la famille Rojas. Juan David serait donc très probablement Emmanuel. Le mercredi 9 janvier 2008 un laboratoire de Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne, confirme que l’enfant Juan David est Emmanuel.
 
 
 
   Clara Rojas a été enlevée par les FARC-EP en février 2002 dans les mêmes circonstances qu’Ingrid Betancourt alors que ces deux dames entraient dans la région du Caguán, dite Zone de distension. La Zone de distension venait d’être supprimée par le gouvernement Pastrana et l’armée bombardait intensément la région. Ingrid était –selon l’expression d’Alfredo Molano– « l’enfant terrible » de la classe politique, elle dénonçait, avec fraîcheur, avec ténacité, avec courage, les liens intimes qui liaient le narcobusiness et le personnel politique. En février 2002 Ingrid était candidate présidentielle, sans guère de perspectives réelles mais elle représentait une certaine référence éthique. Clara Rojas candidate à la vice-présidence l’accompagnait.
 
 
 
   Le jeudi 10 janvier 2008 Consuelo González de Perdomo et Clara Rojas, libérées par les FARC, arrivent à Caracas. Le président Uribe Vélez remercie toutes les personnes qui ont participé à l’opération, le président Chávez, Piedad Córdoba, le gouvernement cubain, etc.
 
 
 
   Emmanuel, l’enfant de Clara et d’un guérillero, né dans la forêt en juillet 2004, avait apparemment été confié par les FARC-EP durant les premiers mois de l’année 2005 à José Crisanto Gómez Tapiero, dont le beau-père est praticien de la médecine traditionnelle indienne. En juin 2005 José Crisanto Gómez Tapiero emmène l’enfant à l’hôpital. L’enfant est pris en charge le 16 juin 2005 par l’Institut colombien du bien-être familial (ICBF) à San José del Guaviare. Postérieurement l’enfant est transféré à Bogotá par la même institution. Cette chronologie, livrée avec force détails par la presse colombienne, est cependant démentie par les FARC-EP qui signalent que l’enfant avait été confié à Bogotá à une famille honorable. Dans un communiqué daté du mercredi 2 janvier 2008 la guérilla déclare que l’enfant a été séquestré à Bogotá par le « gouvernement narco-para-militaire d’Uribe Vélez » « expert en rideaux de fumée ». Le brillant commentateur états-unien James Petras explique (http://www.rebelion.org/noticia.php?id=61557) que si les FARC-EP avaient dit que l’enfant vivait à Bogotá, ou vivait hors de la forêt, la police secrète du gouvernement aurait pu « faire une grande investigation et peut-être mettre l’enfant en péril ».
 
 
 
   Le père d’Emmanuel est appelé Rigo dans la guérilla, son vrai prénom est… Juan David. Durant les années 1980 Javier, Gregorio et Juan David, sortaient de l’adolescence en militant dans l’Union Patriotique dans le quartier populaire Policarpa à Bogotá. Entrer dans l’âge adulte, entrer dans la conscience, entrer dans l’engagement social, dans la militance politique, la voix normale pour qui est bon de cœur et sein d’esprit. Or, en Colombie, il y a là sur le chemin la réalité implacable du terrorisme d’État. Les trois frères prennent le maquis. C’était au temps où les vieux briscards de Marquetalia dubitatifs voyaient arriver dans les montagnes ces jeunots des villes avec, pour le moins, circonspection. Cette jeunesse urbaine, avec son drôle d’accent, avec ses drôles d’habitudes, était parfois rudoyée par quelque vieux guérillero impatient – mais il fallait tenir. Ils se sont vite intégrés.
 
 
 
La famille de Javier, Gregorio et Juan David existe encore à Policarpa – une sœur au moins a été identifiée et les voisins se souviennent des trois garçons. Emmanuel, le fils de Clara Rojas, est aussi de Policarpa, quartier populaire de Bogotá, bastion de l’Union Patriotique dans les années 1980. C’est le drame colombien.
 
 
 
   Les FARC-EP ont aujourd’hui une puissance militaire et une cohérence politique qui devraient les mettre à l’abri des amers contretemps survenus à la fin de l’année 2007. La gauche armée est plus forte que jamais aujourd’hui en Colombie – la gauche non armée est plus forte que jamais aujourd’hui en Colombie. À chaque élection la gauche avance un peu plus. Dans les villes, là où la terreur paramilitaire ne peut fonctionner parce que les populations sont de plus en plus mêlées dans l’anonymat propre à toute concentration urbaine, le Pôle Démocratique Alternatif s’impose souvent envers et contre tout, malgré les menaces, malgré les sicaires embusqués. Dans les campagnes le système de terreur reste encore efficace et les résultats électoraux sont beaucoup plus favorables à la néo-bourgeoisie narco-paramilitaire et à Uribe Vélez.
 
 
 
   C’est seulement une fois que la gauche armée a atteint son point culminant, à la fin du XXe siècle, que la gauche civile a pu vaille que vaille sortir occuper une partie de l’espace politique légal et formel. C’est alors que le système totalitaire bipartiste qui semblait inébranlable en Colombie à commencer à vaciller. Uribe Vélez n’est tout compte fait que l’instrument désespéré sorti de derrière les fagots pour tenter de sauver la structure socio-économique léonine tout en renouvelant le bipartisme de toute évidence frappé de caducité. L’impérialisme a parié sur la Colombie narco-para-militaire –faute de mieux !– , envoyant ses conseillers militaires et des milliers de mercenaires, pour conserver un point d’appui dans la région. On dira institutionnalisation du paramilitarisme ou paramilitarisation des institutions, ce qui ne fait guère de différence, quoi qu’il en soit Uribe Vélez était l’homme de la situation. Il suffit de regarder sa biographie (http://www.arlac.be/2007/biografia_auv.pdf). 
 
 
 
   Marginalisés les tenants du terrorisme d’État, deux Colombie sont réconciliables : d’une part une bourgeoisie civilisée qui bannirait une fois pour toute le recours à la violence, un tant soit peu patriotique de surcroît, et d’autre part le mouvement populaire multiforme vibrant au son de la Nouvelle vague bolivarienne qui parcourt l’Amérique latine. Emmanuel est le fils de ces deux Colombie réconciliables.
Par Cercle Bolivarien de Paris - Publié dans : Amérique Latine
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Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /2008 15:03
            La persévérance et l’obstination du président vénézuelien Hugo Chávez à obtenir la libération des otages colombiens ont porté leurs fruits. Le 10 janvier 2008, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont procédé de manière unilatérale et inconditionnelle à la libération de Consuelo González et de Clara Rojas, faisant ainsi montre de leur volonté d’obtenir un accord humanitaire avec le gouvernement colombien d’Alvaro Uribe et de mettre un terme à la fois au calvaire enduré par les 44 otages encore détenus par la guérilla – dont Ingrid Bétancourt – et par les 500 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles gouvernementales1.
 
            Pourtant, l’opération humanitaire lancée par le président vénézuelien – sollicité à cet effet par la sénatrice colombienne Piedad Córdoba – n’a pas été de tout repos. Ayant obtenu dans un premier temps l’accord d’Alvaro Uribe pour entamer des négociations avec les groupes insurgés, ce dernier avait brutalement mis un terme à la médiation internationale le 21 novembre 2007, prétextant une intromission de Chávez dans les affaires internes de la Colombie, alors que les tractations prenaient une tournure positive. En réalité, Bogota – tout comme Washington – n’était guère enchanté de l’éventualité d’une libération négociée des otages, préférant privilégier une issue militaire contre les FARC2.
 
            Loin de baisser les bras, Chávez a fait preuve de persistance et a obtenu l’accord des FARC pour la libération des deux femmes. Mais le 31 décembre 2007, alors que plusieurs hélicoptères de la Croix-Rouge se trouvaient stationnés à Villavicencio, prêts à recueillir les otages, Uribe en a profité pour lancer des opérations militaires, avec le soutien de troupes étasuniennes, dans la zone où était censée se produire la remise des prisonniers. La guérilla a été forcée de suspendre son projet humanitaire3. Consuelo González a apporté son témoignage à ce sujet : « Nous avons senti les bombes tomber à quelques mètres de l’endroit où nous nous trouvions [et nous avons entendu] les hélicoptères et leurs mitrailleuses4 ». « Uribe a dynamité […] l’opération », a déclaré pour sa part le président vénézuelien5.
 
            Suite aux nombreuses pressions internationales émanant d’Amérique latine et d’Europe, Uribe a été contraint de céder et l’opération a finalement débouché sur la remise en liberté de Consuelo González et de Clara Rojas le 10 janvier 2008. L’Etat-major des FARC a également lancé un appel : « Nous sommes une force belligérante qui attend d’être reconnue par les gouvernement du monde. Cette démarche aplanirait le chemin tortueux du peuple de Colombie à la recherche de la paix. Notre lutte est légitime ». La guérilla a tenu à remercier Hugo Chávez pour son implication : « Le monde ne doute pas que son cœur immense bat sincèrement pour la paix en Colombie et la rédemption des peuples6 ».
 
            Les otages libérés ont exprimé leur gratitude à l’égard du leader vénézuelien. « Merci beaucoup, Président. Vous nous aidez à vivre de nouveau », a déclaré Consuelo González7. La communauté internationale a chaleureusement félicité l’initiative du président vénézuelien et l’a invité à poursuivre son effort de médiation. La parlementaire colombienne Piedad Córdoba a souligné le soutien massif reçu de la part du continent latino-américain et de l’Europe, afin de « poursuivre le chemin tracé par le Président [Chávez], [obtenir] la libération des otages, et surtout de parvenir à un processus de paix en Colombie8 ».
 
Même le président colombien s’est montré reconnaissant à l’égard de Chávez « pour ses efforts et son efficacité dans la libération de [ses] compatriotes séquestrées ». Il en a également profité pour remercier Córdoba, la Croix-rouge ainsi que le gouvernement de La Havane pour leur rôle9. Le président français Nicolas Sarkozy a, quant à lui, salué « l’action diplomatique, imaginative et tenace » du leader bolivarien, dans un courrier du 11 janvier 2008. « En mon nom et au nom de tous mes compatriotes qui ont été sensibilisés par la situation que vivent les otages, je vous prie de recevoir nos félicitations et le témoignage de notre gratitude », a-t-il écrit, invitant Chávez à poursuivre ses efforts10.
 
            Le président Sarkozy a également encouragé son homologue colombien à privilégier les discussions avec Caracas. « Cette libération montre que le dialogue entre la Colombie et le Venezuela peut servir pour des nobles causes11 ». Les parents des otages encore détenus se sont rendus au Venezuela pour inciter Chávez à poursuivre sa médiation12 et lui ont remis un mandat humanitaire afin qu’il les représente dans les éventuelles négociations de libération13. Le congressiste démocrate des Etats-Unis William Delahunt a également exhorté le leader bolivarien à redoubler d’efforts dans ce sens, conscient qu’il détient la clé d’une solution humanitaire14.
 
            C’est pour cela que Hugo Chávez a demandé au président Uribe de reconnaître les FARC et l’ELN (Ejército de Liberación Nacional) comme des forces belligérantes et non pas comme des organisations terroristes, seule manière de résoudre le tragique conflit colombien, vieux d’un demi-siècle, et d’obtenir enfin une paix durable. « Malgré tout ce qui s’est passé à la fin de l’année [2007], nous sommes disposés à continuer à chercher des formules pour atteindre la paix en Colombie et dans cet effort, nous devons continuer de travailler à tous les niveaux : avec le gouvernement de Colombie, avec les FARC [et] avec l’ELN. Cela est indispensable », a-t-il déclaré15.
 
Le président vénézuelien a jugé cette étape nécessaire : « Qui peut penser à la possibilité d’un accord humanitaire, de paix, s’il n’y a pas de contact entre les parties qui s’affrontent ? ». Chávez a également dénoncé les pressions exercées par Washington à l’encontre d’Uribe, peu favorable à une résolution pacifique16. « Le premier intéressé par le fait que la guerre en Colombie se poursuive est le gouvernement des Etats-Unis car cela est la parfaite excuse pour maintenir et augmenter sa présence en Colombie », a-t-il conclu17.
 
            Le président bolivarien s’est également prononcé contre les enlèvements de personnes et contre la lutte armée, affirmant qu’il en discuterait avec le leader des FARC, Manuel Marulanda. « Je ne suis pas d’accord avec les enlèvements, c’est quelque chose d’horrible, de contraire à la nature humaine […] et je ne suis pas d’accord avec la voie armée », a-t-il souligné. Si Uribe « reconnaissait l’état de belligérance, […] les FARC entreraient immédiatement dans les protocoles de Genève […] [et] ne pourraient plus procéder à des enlèvements18 ».
 
            L’administration Bush, qui privilégie l’option militaire, s’est immédiatement prononcée contre la proposition de Caracas. « Nous ne suivrons pas ce conseil », a affirmé le porte-parole du Département d’Etat Sean McCormack, car les FARC « méritent leur place dans la liste des groupes terroristes19 ».
 
Le congressiste Delahunt a, pour sa part, exprimé son inquiétude au sujet du financement octroyé par les multinationales étasuniennes aux paramilitaires colombiens, eux-mêmes liés au gouvernement d’Uribe et qui se trouvent pourtant sur la liste des groupes terroristes du Département d’Etat. « J’ai l’intention de réaliser une série d’audiences pour confirmer cette information, puisque financer de quelconque manière que ce soit un groupe terroriste est une violation selon les lois américaines ». William Delahunt a rencontré cinq anciens commandants des AUC (Autodéfenses Unies de Colombie) : Salvatore Mancuso, Jorge 40, H. H., Don Berna et Macaco. « Suite à notre entretien, je me suis rendu compte que l’affaire est beaucoup plus grave et requiert que le Congrès des Etats-Unis procède à une étude détaillée de l’enquête », a-t-il noté20.
 
Pour l’instant, le gouvernement d’Alvaro Uribe est plus enclin à résoudre le conflit national par la force, profitant de l’arsenal humain et matériel que Washington met à sa disposition, plutôt que d’essayer de trouver un accord de paix. Lors de sa visite à Paris le 21 janvier 2008, le président colombien a réaffirmé sa volonté d’« écraser les terroristes21 ». Mais il s’agit à l’évidence d’une politique peu constructive qui est vouée à l’échec. La solution ne peut en aucun cas être d’ordre militaire. Les FARC et l’ELN disposent de près de 20 000 hommes et contrôlent une partie substantielle du territoire national. Les Etats-Unis ont dépensé des centaines de millions de dollars pour tenter d’anéantir la guérilla colombienne, sans succès. En revanche, Hugo Chávez est le seul à être parvenu à obtenir la libération des otages et à insuffler un espoir de paix. Bogota ferait preuve de sagacité en comprenant que la solution à la tragédie colombienne ne se trouve pas à la Maison-Blanche mais du côté du Palais de Miraflores.
 
Notes
1 Maurice Lemoine, « Libération en Colombie », Le Monde Diplomatique, 13 janvier 2008.2 Associated Press, « Key Dates in Colombia’s Hostage Drama », 4 janvier 2008.3 G. Guillen, « Se frustra la liberación de los rehenes de las FARC », El Nuevo Herald, 1er janvier 2008.4 The Associated Press/El Nuevo Herald, « Rehén liberada revela crueldad en cárceles de las FARC », 11 janvier 2008.5 G. Guillen, « Se frustra la liberación de los rehenes de las FARC », op. cit.6 Agencia Bolivariana de Noticias, « Comunicado de las Farc sobre la liberación : Es el primer paso para pensar en la posibilidad de la paz », 10 janvier 2008.7 Agencia Bolivariana de Noticias, « Farc entregó junto a las liberadas pruebas de vida de 16 retenidos más », 10 janvier 2008.8 Agencia Bolivariana de Noticias, « Córdoba destacó apoyo de Latinoamérica y Europa a gestión humanitaria de Chávez », 15 janvier 2008.9 Agencia Bolivariana de Noticias, « Uribe agradeció esfuerzo y eficacia del presidente chávez en liberación de rehenes », 10 janvier 2008.10 Ministerio del Poder Popular para Relaciones Exteriores, « Presidente Sarkozy felicitó a su homologo venezolano por gestión realizada para lograr liberación de Clara Rojas y Consuelo González », Gobierno Bolivariano de Venezuela, 14 janvier 2008.11 Agencia Bolivariana de Noticias, « Sarkozy dijo a Uribe que deben prevalecer diálogos con Venezuela », 15 janvier 2008.12 Agencia Bolivariana de Noticias, « Familiares de retenidos solicitan a Chávez que mantenga mediación humanitaria », 18 janvier 2008.13 Agencia Bolivariana de Noticias, « Familiares de rehenes colombianos entregarán a Chávez mandato humanitario de intervención », 18 janvier 2008.14 Agencia Bolivariana de Noticias, « Congresista Delahunt instó al presidente Chávez a continuar en canje humanitario », 18 janvier 2008.15 Agencia Bolivariana de Noticias, « Chávez solicitó al Gobierno colombiano reconocer a las Farc y ELN como fuerzas insurgentes », 11 janvier 2008.16 Ibid.17 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez dice que no está de acuerdo con secuestros », 13 janvier 2008.18 Ibid.19 The Associated Press / El Nuevo Herald, « EEUU rechaza pedido de Chávez de legalizar a las FARC », 14 janvier 2008.20 Agencia Bolivariana de Noticias, « Delahunt expresa preocupación por financiamiento estadounidense a paramilitares », 18 janvier 2008.21 Agence France-Presse, « Uribe à Paris : la priorité, libérer les otages et ‘écraser les terroristes’ », 21 janvier 2008.
 
Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).
Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).
 
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /2008 09:09

L'Ambassade de la République de Cuba

et

Le Comité LIBEREZ LES CINQ

vous invitent à une rencontre avec

Magali Llort
mère de Fernando González, un des Cinq cubains prisonniers aux Etats-Unis

et députée de l'Assemblée nationale de Cuba

 

le lundi 21 avril 2008 à 18h45

Salon de l'ambassade de Cuba

10 ans...

10 ans que René González, Fernando González, Antonio Guerrero, Gerardo Hernández, Ramón Labañino, sont emprisonnés dans cinq prisons des Etats-Unis pour avoir infiltré les groupes terroristes anticubains basés dans le sud de la Floride et empêché de nombreux attentats contre le peuple de Cuba.
Il n'y a plus de doute aujourd'hui pour les instances internationales qui ont étudié le déroulement du procès que tout y a été manipulé: informations, jurés, preuves... , et que de ce fait le droit à un procès juste et équitable leur a été nié.
Que le gouvernement des Etats-Unis se soit acharné à les faire passer pour des espions, que les droits de la défense aient été systématiquement violés, nous confirment que ce procès est un procès politique dirigé, non pas contre ces cinq hommes mais contre Cuba et pour satisfaire le lobby maffieux-cubano-étasunien implanté dans la région.
Que les Cinq aient résisté à tous les types de chantages pour les faire céder, des mois de cachots, le refus du droit de visite à Olga, femme de René et Adriana, femme de Gerardo témoigne qu'ils étaient portés par un idéal qui transcende une remise en liberté sans honneur: la fidélité aux valeurs pour lesquelles ils s'étaient engagés dans cette mission pour la protection de leur peuple, l'amour de la paix et de la patrie.

 « Sincèrement, j'ai l'espoir qu'un jour Cuba n'aura plus besoin que des personnes comme moi, volontairement ou par amour de leur pays et de leur peuple, viennent dans ce pays pour lutter contre le terrorisme.

Tout homme qui se respecte soi-même se doit avant tout à sa patrie. La dignité que j'ai apprise de mon peuple et de son histoire m'accompagnera toujours pendant ces années de prison. » Fernando Llort, conclusion de sa plaidoirie lors de son procès le 18 décembre 2001.

Ne relâchons pas notre mobilisation

 

Les Cinq attendent depuis le 20 août 2007, et pour la troisième fois, la décision des juges de la Cour d'appel d'Atlanta.
Venez nombreux à cette rencontre rendre hommage au courage des Cinq et à leurs familles qui comptent sur notre solidarité pour faire pression sur le gouvernement des Etats-Unis, et pour envoyer un message fraternel au peuple cubain qui lutte depuis 50 ans pour sa souveraineté et son indépendance.

Ambassade de Cuba

14 rue de presles 75015 - Paris

métro Dupleix

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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /2008 09:54

BOLIVIE

Chers-es Amis-es,

 

La situation en Bolivie est chaque jour plus grave. Il est nécessaire de soutenir fortement le compañero président Evo Morales et le peuple Bolivien, en signant et en faisant circuler l'appel suivant qui sera publié durant la semaine. Veuillez svp confirmer votre soutien a cabohorquez@gmail.com    ou a     yamp@min.cult.cu

NOUS DÉNONÇONS LA CONSPIRATION POUR DIVISER LA BOLIVIE 


En Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d'être brutalement restreint. L'arrivée au pouvoir d'un président indigène, élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l'ingérence impériale. 

Récemment, l'escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d'autres pays de notre région. 

L'histoire montre avec une grande éloquence les terribles conséquences que les processus divisionnistes et séparatistes induits et approuvés par de puissants intérêts étrangers ont eu pour l'humanité sur tous les terrains. 

Devant cette situation nous, les signataires, voulons exprimer notre soutien au gouvernement du Président Evo Morales Ayma, à ses politiques de changement et au processus constitutif souverain du peuple bolivien. De même, nous rejetons l'appelé Statut autonome de Santa Cruz pour son caractère inconstitutionnel et pour attenter contre l'unité d'une nation de notre Amérique.

Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à unir leurs voix pour dénoncer, par toutes les formes possibles, cette manœuvre divisionniste et déstabilisatrice dans une heure historique pour l'Amérique Latine

Premiers signataires : 

Adolfo Pérez Esquivel (Argentina); Rigoberta Menchú (Guatemala); Noam Chomsky (EEUU); Oscar Niemeyer (Brasil); Eduardo Galeano (Uruguay); Ignacio Ramonet (España/Francia); Elena Poniatowska (México); Frei Betto (Brasil); Gianni Vattimo (Italia); Adolfo Sánchez Vázquéz (España/México); Ernesto Cardenal (Nicaragua); Armand Mattelart (Bélgica); Ramsey Clark (EEUU); Manu Chao (Francia/España); Franz Hinkelammert (Alemania/Costa Rica); Francois Houtart (Bélgica); Alfonso Sastre (España); Paul Leduc (México); Fernando Pino Solanas (Argentina); Roberto Fernández Retamar (Cuba); Howard Zinn (EEUU); Keith Ellis (Canadá); Jorge Enrique Adoum (Ecuador); Belén Gopegui (España); Arturo Roig (Argentina), Jesusa Rodríguez (México); Stella Calloni (Argentina); Joao Pedro Stedile (Brasil); Eric Toussaint (Bélgica); Rafael Cancel Miranda (Puerto Rico); Richard Gott (Reino Unido); Miguel D'Escoto (Nicaragua); Silvio Rodríguez (Cuba); Carmen Bohórquez (Venezuela); Víctor Heredia (Argentina); Blanca Chancosa (Ecuador); Thiago de Mello (Brasil); Juan Mari Bras (Puerto Rico); Hildebrando Pérez (Perú); Pascual Serrano (España); Fernando Rendón (Colombia); Víctor Víctor (República Dominicana); Luisa Vicioso (Rep. Dominicana); Cecilia Todd (Venezuela); Alex Cox (Reino Unido); Danny Rivera (Puerto Rico); Isaac Rosa (España); Jean Marie Binoche (Francia); Ramón Chao (España/Francia);     etc...

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