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Vendredi 30 mai 2008

DES  VIDEOS DE LA BOLIVIE, l’INSOUTENABLE FASCISME

Danielle Bleitrach

http://socio13.wordpress.com/2008/05/29/des-videos-de-la-bolivie-linsoutenable-fascisme/


   Ici même je vous ai présenté un dossier sur l’installation des nazis en Amérique latine, n’oubliez pas que Klaus Barbie a vécu là pendant des années, y a créé des organisations. Je vous expliquais que les Etats-Unis loin de pourchasser ces anciens nazis les a utilisés.  Comme au Chili où l’on a découvert les liens qui ont toujours existé entre Pinochet et certains nazis.
   Il faut bien se rendre compte ce qu’est cette haine raciste et fasciste, et après on parlera d’une autre manière des Farc qui ont été obligés de fuir cette violence raciste toujours entretenue par les grands propriétaires, leurs hommes de main qui sont les allés directs des Etats-Unis et des multinationales.
   Sur ces vidéo il ne se passe pas grand chose apparemment, simplement ces hommes à genoux contemplant impuissants leurs drapeaux qu’on les force à brûler, il y a eu des coups y compris sur des vieillards, des femmes, des enfants. Ils étaient venus recevoir des aides en grande cérémonie avec leurs drapeaux, leurs beaux habits, le jour de la libération et des brutes qu’ils ne connaissent que trop les ont encerclés, dirigés à coup de bâton, de pierre, comme du bétail. On les a forcés à s’excuser d’être ce qu’ils sont.      
   Je voudrais vous dire la peur, dans ma toute petite enfance, mes premiers souvenirs sont ceux de la fuite devant les nazis et pendant toute ma vie depuis j’ai fait le même cauchemar: les nazis arrivent, ils m’ordonnent de préparer ma valise, de me mettre en rang derrière d’autres victimes, et d’attendre le départ dans le camp de concentration. J’ai le coeur qui bat à rompre, je regarde autour de moi, je me dis peut-être que je pourrais m’enfuir et je reste là sans bouger, comme ces pauvre gens étonnement tranquilles, comme je le suis dans mon rêve… Songez que ce jour là à Sucre certains d’entre eux ont été contraints de manger des excréments de poulet. Quand ces horreurs s’arrêteront-elles, qu’ont donc à défendre ceux qui font cela ?

http://youtube.com/watch?v=5RXUkPrY… 
cette video provient du Grand soir

ET AUSSI  www.aporrea.org/internacionales/n113165.html

par Cercle Bolivarien de Paris publié dans : Amérique Latine
Samedi 10 mai 2008
 
Le 2 mai 2008 

Le Plan Balboa va-t-il être appliqué ? Cela dépendra des peuples et des gouvernements de notre Amérique.

Les prétentions d'autonomie des riches provinces de l'ouest de la Bolivie, basées sur un référendum convoqué pour le 4 mai 2008, dont la validité a été refusée par la Cour Électorale bolivienne, ainsi que par l'OEA, suppose une dure épreuve pour les changements initiés à travers le gouvernement par le Président Evo Morales, et de même pour l'avance et la consolidation de ceux qui, en suivant le modèle vénézuélien, se sont aussi développés en grande partie de notre Amérique. Pour cela, ce qui arrive en Bolivie, finira par affecter, d'une façon ou d'une autre la corrélation des forces entre les secteurs conservateurs ou de droite et les révolutionnaires, de même sur le rôle à tenir par les États-Unis dans ce qu'il a toujours considéré comme sa cour arrière. Pour les propriétaires terriens, cultivateurs du soja, entreprises minières, transnationales du gaz, exportateurs du pétrole et les intérêts politiques qui les défendent, la présence présidence d'Evo Morales leur est intolérable, à tel point que la sécession est l'un de leurs objectifs pour conserver leur pouvoir, comptant pour cela sur la bonne disposition du gouvernement Bush.

 

Ces plans nous rappellent l'exercice militaire réalisé par l'Espagne en 2001 dans une simulation d'une guerre d'invasion de l'occident au Venezuela depuis la Colombie et le Panama, à qui a été donné le nom de code d'Opération Balboa. Ce "jeu de guerre" comprenait des opérations par air, terre et mer, dans lesquelles les forces armées des États-Unis, avec ceux de ses alliés autorisés par la résolution 1580 de l'ONU, attaquaient l'ouest du Venezuela, occupant le riche territoire pétrolier de l'état de Zulia , pour ainsi en finir avec le gouvernement "tyrannique" vénézuélien, presque de la même façon comme cela a été fait en Irak avec Saddam Hussein. L'attaque de l'armée colombienne des membres des FARC sur le sol équatorien, a peut être été une mise au point d'un tel exercice de guerre, cherchant à connaître quelle serait la réaction des États et des peuples voisins dans le cas d'une étendue du conflit colombien à d'autres nations. Une vietnamisation de la région, chose qui favoriserait énormément les desseins hégémonistes de l'actuel gouvernant étasunien, en supprimant en même temps toute tentative de changement révolutionnaire, qui a un air de ressemblance quand il y a un demi-siècle, la Cuba socialiste déclencha des ardeurs de libération dans ce continent. C'est pourquoi, l'intérêt de l'impérialisme yankee de disposer de cette bonne occasion pour se défaire de Chavez et de ses alliées potentiels en Amérique Latine est indéniable, si un conflit armé éclate en Bolivie.

Ce qui est certain, c'est que la droite bolivienne montre les dents et la même chose peut arriver dans d'autres nations latinoaméricaines, poussée par Washington. Cette confrontation semble inévitable et fait partie de la grande bataille que les peuples doivent dispenser pour se débarrasser du joug de la discrimination, de l'exploitation et de la misère. Il s'ensuit que la situation interne bolivienne est un reflet de ce que pourrait être la nouvelle stratégie dessinée depuis les États-Unis pour faire avorter toute tentative de changement, spécialement s'il affecte leurs intérêts économiques. Dans le cas du Venezuela, cette situation devait être observée avec une grande attention, puisqu'il y a des secteurs radicaux de l'opposition qui n'ont pas caché leurs désirs de voir les troupes impérialistes étasuniennes débarquer sur le territoire vénézuélien, faisant partie d'objectifs de l'actuel Plan Colombia, et renversant Hugo Chavez, dans une geste antinational qui ne leur cause aucune honte.

Compte tenu de tout cela, il est significatif, que plusieurs gouvernements et peuples latinoaméricains appellent au dialogue en Bolivie, convaincus qu'une sécession des quatre départements du « Croissant » (Pando, Beni, Santa Cruz et Tarija), représenterait une tragédie dans des proportions inconnues, semblables à celle de la Yougoslavie, qui impliquerait, d'une manière ou d'une autre, ses voisins. Ce n'est pas par hasard, si l'actuel ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, a été avant diplomate en Yougoslavie et qu'il ait promu le séparatisme du Kosovo, qui quelques années après s'est auto proclamé « un pays indépendant » et qui a été immédiatement reconnu pour les États-Unis. Le Plan Balboa s'appliquera-t-il ? Cela dépendra des peuples et des gouvernements de notre Amérique.


http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=4090

par Cercle Bolivarien de Paris publié dans : Amérique Latine
Jeudi 17 avril 2008

BOLIVIE

Chers-es Amis-es,

 

La situation en Bolivie est chaque jour plus grave. Il est nécessaire de soutenir fortement le compañero président Evo Morales et le peuple Bolivien, en signant et en faisant circuler l'appel suivant qui sera publié durant la semaine. Veuillez svp confirmer votre soutien a cabohorquez@gmail.com    ou a     yamp@min.cult.cu

NOUS DÉNONÇONS LA CONSPIRATION POUR DIVISER LA BOLIVIE 


En Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d'être brutalement restreint. L'arrivée au pouvoir d'un président indigène, élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l'ingérence impériale. 

Récemment, l'escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d'autres pays de notre région. 

L'histoire montre avec une grande éloquence les terribles conséquences que les processus divisionnistes et séparatistes induits et approuvés par de puissants intérêts étrangers ont eu pour l'humanité sur tous les terrains. 

Devant cette situation nous, les signataires, voulons exprimer notre soutien au gouvernement du Président Evo Morales Ayma, à ses politiques de changement et au processus constitutif souverain du peuple bolivien. De même, nous rejetons l'appelé Statut autonome de Santa Cruz pour son caractère inconstitutionnel et pour attenter contre l'unité d'une nation de notre Amérique.

Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté à unir leurs voix pour dénoncer, par toutes les formes possibles, cette manœuvre divisionniste et déstabilisatrice dans une heure historique pour l'Amérique Latine

Premiers signataires : 

Adolfo Pérez Esquivel (Argentina); Rigoberta Menchú (Guatemala); Noam Chomsky (EEUU); Oscar Niemeyer (Brasil); Eduardo Galeano (Uruguay); Ignacio Ramonet (España/Francia); Elena Poniatowska (México); Frei Betto (Brasil); Gianni Vattimo (Italia); Adolfo Sánchez Vázquéz (España/México); Ernesto Cardenal (Nicaragua); Armand Mattelart (Bélgica); Ramsey Clark (EEUU); Manu Chao (Francia/España); Franz Hinkelammert (Alemania/Costa Rica); Francois Houtart (Bélgica); Alfonso Sastre (España); Paul Leduc (México); Fernando Pino Solanas (Argentina); Roberto Fernández Retamar (Cuba); Howard Zinn (EEUU); Keith Ellis (Canadá); Jorge Enrique Adoum (Ecuador); Belén Gopegui (España); Arturo Roig (Argentina), Jesusa Rodríguez (México); Stella Calloni (Argentina); Joao Pedro Stedile (Brasil); Eric Toussaint (Bélgica); Rafael Cancel Miranda (Puerto Rico); Richard Gott (Reino Unido); Miguel D'Escoto (Nicaragua); Silvio Rodríguez (Cuba); Carmen Bohórquez (Venezuela); Víctor Heredia (Argentina); Blanca Chancosa (Ecuador); Thiago de Mello (Brasil); Juan Mari Bras (Puerto Rico); Hildebrando Pérez (Perú); Pascual Serrano (España); Fernando Rendón (Colombia); Víctor Víctor (República Dominicana); Luisa Vicioso (Rep. Dominicana); Cecilia Todd (Venezuela); Alex Cox (Reino Unido); Danny Rivera (Puerto Rico); Isaac Rosa (España); Jean Marie Binoche (Francia); Ramón Chao (España/Francia);     etc...

:

par Cercle Bolivarien de Paris publié dans : Amérique Latine
Jeudi 20 mars 2008

L'Ambassade de la République de Cuba

et

Le Comité LIBEREZ LES CINQ

vous invitent à une rencontre avec

Magali Llort
mère de Fernando González, un des Cinq cubains prisonniers aux Etats-Unis

et députée de l'Assemblée nationale de Cuba

 

le lundi 21 avril 2008 à 18h45

Salon de l'ambassade de Cuba

10 ans...

10 ans que René González, Fernando González, Antonio Guerrero, Gerardo Hernández, Ramón Labañino, sont emprisonnés dans cinq prisons des Etats-Unis pour avoir infiltré les groupes terroristes anticubains basés dans le sud de la Floride et empêché de nombreux attentats contre le peuple de Cuba.
Il n'y a plus de doute aujourd'hui pour les instances internationales qui ont étudié le déroulement du procès que tout y a été manipulé: informations, jurés, preuves... , et que de ce fait le droit à un procès juste et équitable leur a été nié.
Que le gouvernement des Etats-Unis se soit acharné à les faire passer pour des espions, que les droits de la défense aient été systématiquement violés, nous confirment que ce procès est un procès politique dirigé, non pas contre ces cinq hommes mais contre Cuba et pour satisfaire le lobby maffieux-cubano-étasunien implanté dans la région.
Que les Cinq aient résisté à tous les types de chantages pour les faire céder, des mois de cachots, le refus du droit de visite à Olga, femme de René et Adriana, femme de Gerardo témoigne qu'ils étaient portés par un idéal qui transcende une remise en liberté sans honneur: la fidélité aux valeurs pour lesquelles ils s'étaient engagés dans cette mission pour la protection de leur peuple, l'amour de la paix et de la patrie.

 « Sincèrement, j'ai l'espoir qu'un jour Cuba n'aura plus besoin que des personnes comme moi, volontairement ou par amour de leur pays et de leur peuple, viennent dans ce pays pour lutter contre le terrorisme.

Tout homme qui se respecte soi-même se doit avant tout à sa patrie. La dignité que j'ai apprise de mon peuple et de son histoire m'accompagnera toujours pendant ces années de prison. » Fernando Llort, conclusion de sa plaidoirie lors de son procès le 18 décembre 2001.

Ne relâchons pas notre mobilisation

 

Les Cinq attendent depuis le 20 août 2007, et pour la troisième fois, la décision des juges de la Cour d'appel d'Atlanta.
Venez nombreux à cette rencontre rendre hommage au courage des Cinq et à leurs familles qui comptent sur notre solidarité pour faire pression sur le gouvernement des Etats-Unis, et pour envoyer un message fraternel au peuple cubain qui lutte depuis 50 ans pour sa souveraineté et son indépendance.

Ambassade de Cuba

14 rue de presles 75015 - Paris

métro Dupleix

par Cercle Bolivarien de Paris publié dans : Amérique Latine
Jeudi 24 janvier 2008
            La persévérance et l’obstination du président vénézuelien Hugo Chávez à obtenir la libération des otages colombiens ont porté leurs fruits. Le 10 janvier 2008, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont procédé de manière unilatérale et inconditionnelle à la libération de Consuelo González et de Clara Rojas, faisant ainsi montre de leur volonté d’obtenir un accord humanitaire avec le gouvernement colombien d’Alvaro Uribe et de mettre un terme à la fois au calvaire enduré par les 44 otages encore détenus par la guérilla – dont Ingrid Bétancourt – et par les 500 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles gouvernementales1.
 
            Pourtant, l’opération humanitaire lancée par le président vénézuelien – sollicité à cet effet par la sénatrice colombienne Piedad Córdoba – n’a pas été de tout repos. Ayant obtenu dans un premier temps l’accord d’Alvaro Uribe pour entamer des négociations avec les groupes insurgés, ce dernier avait brutalement mis un terme à la médiation internationale le 21 novembre 2007, prétextant une intromission de Chávez dans les affaires internes de la Colombie, alors que les tractations prenaient une tournure positive. En réalité, Bogota – tout comme Washington – n’était guère enchanté de l’éventualité d’une libération négociée des otages, préférant privilégier une issue militaire contre les FARC2.
 
            Loin de baisser les bras, Chávez a fait preuve de persistance et a obtenu l’accord des FARC pour la libération des deux femmes. Mais le 31 décembre 2007, alors que plusieurs hélicoptères de la Croix-Rouge se trouvaient stationnés à Villavicencio, prêts à recueillir les otages, Uribe en a profité pour lancer des opérations militaires, avec le soutien de troupes étasuniennes, dans la zone où était censée se produire la remise des prisonniers. La guérilla a été forcée de suspendre son projet humanitaire3. Consuelo González a apporté son témoignage à ce sujet : « Nous avons senti les bombes tomber à quelques mètres de l’endroit où nous nous trouvions [et nous avons entendu] les hélicoptères et leurs mitrailleuses4 ». « Uribe a dynamité […] l’opération », a déclaré pour sa part le président vénézuelien5.
 
            Suite aux nombreuses pressions internationales émanant d’Amérique latine et d’Europe, Uribe a été contraint de céder et l’opération a finalement débouché sur la remise en liberté de Consuelo González et de Clara Rojas le 10 janvier 2008. L’Etat-major des FARC a également lancé un appel : « Nous sommes une force belligérante qui attend d’être reconnue par les gouvernement du monde. Cette démarche aplanirait le chemin tortueux du peuple de Colombie à la recherche de la paix. Notre lutte est légitime ». La guérilla a tenu à remercier Hugo Chávez pour son implication : « Le monde ne doute pas que son cœur immense bat sincèrement pour la paix en Colombie et la rédemption des peuples6 ».
 
            Les otages libérés ont exprimé leur gratitude à l’égard du leader vénézuelien. « Merci beaucoup, Président. Vous nous aidez à vivre de nouveau », a déclaré Consuelo González7. La communauté internationale a chaleureusement félicité l’initiative du président vénézuelien et l’a invité à poursuivre son effort de médiation. La parlementaire colombienne Piedad Córdoba a souligné le soutien massif reçu de la part du continent latino-américain et de l’Europe, afin de « poursuivre le chemin tracé par le Président [Chávez], [obtenir] la libération des otages, et surtout de parvenir à un processus de paix en Colombie8 ».
 
Même le président colombien s’est montré reconnaissant à l’égard de Chávez « pour ses efforts et son efficacité dans la libération de [ses] compatriotes séquestrées ». Il en a également profité pour remercier Córdoba, la Croix-rouge ainsi que le gouvernement de La Havane pour leur rôle9. Le président français Nicolas Sarkozy a, quant à lui, salué « l’action diplomatique, imaginative et tenace » du leader bolivarien, dans un courrier du 11 janvier 2008. « En mon nom et au nom de tous mes compatriotes qui ont été sensibilisés par la situation que vivent les otages, je vous prie de recevoir nos félicitations et le témoignage de notre gratitude », a-t-il écrit, invitant Chávez à poursuivre ses efforts10.
 
            Le président Sarkozy a également encouragé son homologue colombien à privilégier les discussions avec Caracas. « Cette libération montre que le dialogue entre la Colombie et le Venezuela peut servir pour des nobles causes11 ». Les parents des otages encore détenus se sont rendus au Venezuela pour inciter Chávez à poursuivre sa médiation12 et lui ont remis un mandat humanitaire afin qu’il les représente dans les éventuelles négociations de libération13. Le congressiste démocrate des Etats-Unis William Delahunt a également exhorté le leader bolivarien à redoubler d’efforts dans ce sens, conscient qu’il détient la clé d’une solution humanitaire14.
 
            C’est pour cela que Hugo Chávez a demandé au président Uribe de reconnaître les FARC et l’ELN (Ejército de Liberación Nacional) comme des forces belligérantes et non pas comme des organisations terroristes, seule manière de résoudre le tragique conflit colombien, vieux d’un demi-siècle, et d’obtenir enfin une paix durable. « Malgré tout ce qui s’est passé à la fin de l’année [2007], nous sommes disposés à continuer à chercher des formules pour atteindre la paix en Colombie et dans cet effort, nous devons continuer de travailler à tous les niveaux : avec le gouvernement de Colombie, avec les FARC [et] avec l’ELN. Cela est indispensable », a-t-il déclaré15.
 
Le président vénézuelien a jugé cette étape nécessaire : « Qui peut penser à la possibilité d’un accord humanitaire, de paix, s’il n’y a pas de contact entre les parties qui s’affrontent ? ». Chávez a également dénoncé les pressions exercées par Washington à l’encontre d’Uribe, peu favorable à une résolution pacifique16. « Le premier intéressé par le fait que la guerre en Colombie se poursuive est le gouvernement des Etats-Unis car cela est la parfaite excuse pour maintenir et augmenter sa présence en Colombie », a-t-il conclu17.
 
            Le président bolivarien s’est également prononcé contre les enlèvements de personnes et contre la lutte armée, affirmant qu’il en discuterait avec le leader des FARC, Manuel Marulanda. « Je ne suis pas d’accord avec les enlèvements, c’est quelque chose d’horrible, de contraire à la nature humaine […] et je ne suis pas d’accord avec la voie armée », a-t-il souligné. Si Uribe « reconnaissait l’état de belligérance, […] les FARC entreraient immédiatement dans les protocoles de Genève […] [et] ne pourraient plus procéder à des enlèvements18 ».
 
            L’administration Bush, qui privilégie l’option militaire, s’est immédiatement prononcée contre la proposition de Caracas. « Nous ne suivrons pas ce conseil », a affirmé le porte-parole du Département d’Etat Sean McCormack, car les FARC « méritent leur place dans la liste des groupes terroristes19 ».
 
Le congressiste Delahunt a, pour sa part, exprimé son inquiétude au sujet du financement octroyé par les multinationales étasuniennes aux paramilitaires colombiens, eux-mêmes liés au gouvernement d’Uribe et qui se trouvent pourtant sur la liste des groupes terroristes du Département d’Etat. « J’ai l’intention de réaliser une série d’audiences pour confirmer cette information, puisque financer de quelconque manière que ce soit un groupe terroriste est une violation selon les lois américaines ». William Delahunt a rencontré cinq anciens commandants des AUC (Autodéfenses Unies de Colombie) : Salvatore Mancuso, Jorge 40, H. H., Don Berna et Macaco. « Suite à notre entretien, je me suis rendu compte que l’affaire est beaucoup plus grave et requiert que le Congrès des Etats-Unis procède à une étude détaillée de l’enquête », a-t-il noté20.
 
Pour l’instant, le gouvernement d’Alvaro Uribe est plus enclin à résoudre le conflit national par la force, profitant de l’arsenal humain et matériel que Washington met à sa disposition, plutôt que d’essayer de trouver un accord de paix. Lors de sa visite à Paris le 21 janvier 2008, le président colombien a réaffirmé sa volonté d’« écraser les terroristes21 ». Mais il s’agit à l’évidence d’une politique peu constructive qui est vouée à l’échec. La solution ne peut en aucun cas être d’ordre militaire. Les FARC et l’ELN disposent de près de 20 000 hommes et contrôlent une partie substantielle du territoire national. Les Etats-Unis ont dépensé des centaines de millions de dollars pour tenter d’anéantir la guérilla colombienne, sans succès. En revanche, Hugo Chávez est le seul à être parvenu à obtenir la libération des otages et à insuffler un espoir de paix. Bogota ferait preuve de sagacité en comprenant que la solution à la tragédie colombienne ne se trouve pas à la Maison-Blanche mais du côté du Palais de Miraflores.
 
Notes
1 Maurice Lemoine, « Libération en Colombie », Le Monde Diplomatique, 13 janvier 2008.2 Associated Press, « Key Dates in Colombia’s Hostage Drama », 4 janvier 2008.3 G. Guillen, « Se frustra la liberación de los rehenes de las FARC », El Nuevo Herald, 1er janvier 2008.4 The Associated Press/El Nuevo Herald, « Rehén liberada revela crueldad en cárceles de las FARC », 11 janvier 2008.5 G. Guillen, « Se frustra la liberación de los rehenes de las FARC », op. cit.6 Agencia Bolivariana de Noticias, « Comunicado de las Farc sobre la liberación : Es el primer paso para pensar en la posibilidad de la paz », 10 janvier 2008.7 Agencia Bolivariana de Noticias, « Farc entregó junto a las liberadas pruebas de vida de 16 retenidos más », 10 janvier 2008.8 Agencia Bolivariana de Noticias, « Córdoba destacó apoyo de Latinoamérica y Europa a gestión humanitaria de Chávez », 15 janvier 2008.9 Agencia Bolivariana de Noticias, « Uribe agradeció esfuerzo y eficacia del presidente chávez en liberación de rehenes », 10 janvier 2008.10 Ministerio del Poder Popular para Relaciones Exteriores, « Presidente Sarkozy felicitó a su homologo venezolano por gestión realizada para lograr liberación de Clara Rojas y Consuelo González », Gobierno Bolivariano de Venezuela, 14 janvier 2008.11 Agencia Bolivariana de Noticias, « Sarkozy dijo a Uribe que deben prevalecer diálogos con Venezuela », 15 janvier 2008.12 Agencia Bolivariana de Noticias, « Familiares de retenidos solicitan a Chávez que mantenga mediación humanitaria », 18 janvier 2008.13 Agencia Bolivariana de Noticias, « Familiares de rehenes colombianos entregarán a Chávez mandato humanitario de intervención », 18 janvier 2008.14 Agencia Bolivariana de Noticias, « Congresista Delahunt instó al presidente Chávez a continuar en canje humanitario », 18 janvier 2008.15 Agencia Bolivariana de Noticias, « Chávez solicitó al Gobierno colombiano reconocer a las Farc y ELN como fuerzas insurgentes », 11 janvier 2008.16 Ibid.17 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez dice que no está de acuerdo con secuestros », 13 janvier 2008.18 Ibid.19 The Associated Press / El Nuevo Herald, « EEUU rechaza pedido de Chávez de legalizar a las FARC », 14 janvier 2008.20 Agencia Bolivariana de Noticias, « Delahunt expresa preocupación por financiamiento estadounidense a paramilitares », 18 janvier 2008.21 Agence France-Presse, « Uribe à Paris : la priorité, libérer les otages et ‘écraser les terroristes’ », 21 janvier 2008.
 
Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).
Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).
 
par Cercle Bolivarien de Paris publié dans : Amérique Latine
 

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