« La guérilla avait offert aux Français d’effectuer un geste humanitaire, dont nous ne savons ce qu’il pouvait être », a-t-elle expliqué, soulignant que la proposition avait tourné court à la suite d’un incident armé fin juillet dans le sud-est de la Colombie, ayant entraîné la mort de 11 députés provinciaux prisonniers des FARC. Rappelons que, selon la guérilla, la mort des députés est survenue à la suite de l’attaque d’un de ses campements par des militaires, alors que pour Bogota elle s’est produite pendant un accrochage entre deux factions rivales des FARC.
À l’issue de la rencontre, Hugo Chavez a promis de trouver une solution pour relancer les négociations de libération des otages en agissant en tant qu’intermédiaire entre l’administration du président colombien Alvaro Uribe et les FARC. Lundi soir, à la télévision, il a lancé un appel public à son homologue colombien ainsi qu’à Manuel Marulanda, le chef historique des rebelles marxistes : « Marulanda, je te parle depuis le palais de Miraflores, dans lequel j’aimerais te voir. Je ne te connais pas et je souhaite seulement apporter mon aide et parvenir à un accord pour un échange humanitaire », a-t-il déclaré, lui rappelant aussi la mission confiée à leur « amie » commune, la sénatrice de gauche colombienne, Piedad Cordoba, désignée la semaine dernière par le président Uribe comme intermédiaire chargée d’ouvrir un dialogue avec la guérilla.
L’implication désormais officialisée du dirigeant vénézuélien dans les négociations est saluée tant par les familles des otages que par les FARC, alors que les autorités colombiennes sont inflexibles. Jusqu’à présent, Uribe a en effet rejeté l’« échange humanitaire » de 45 otages, dont Ingrid Betancourt, contre 500 re- belles prisonniers.
Hélène Rançon
Pierre BEAUDET – 23 août 2007
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5360
Je vous parle d’un pays européen qui a pour Chef d’Etat, à vie et avec un caractère héréditaire, un citoyen qui n’a jamais été élu par personne. Dans ce pays, tous les medias, la grande presse,
les chaînes de télévision ainsi que leurs éditorialistes, sont hautement indignés et fortement préoccupés parce que dans un lointain pays d’Amérique les habitants s’apprêtent à voter par
référendum pour décider s’ils veulent, oui ou non, pouvoir réélire une personne comme Président autant de fois qu’ils le jugeront bon. Cette disposition est déjà en vigueur, notez bien, dans ce
pays européen dont je vous parle et dans tous les autres pays qui l’entourent. Je suis en train de vous parler des médias espagnols et de la reforme constitutionnelle au
Venezuela.
Au Venezuela, exactement comme il l’avait promis dans son programme électoral avant d’être élu en décembre 2006, le Président a présenté devant le Parlement un projet de réforme
constitutionnelle dont les législateurs vont débattre, qui sera ensuite porté à la connaissance de la population des villes et des « barrios » pour être discuté et qui sera soumis à
référendum. Le journal El País a titré : « Chávez présente la reforme
constitutionnelle qui va lui permettre de gouverner indéfiniment » sans se soucier le moins du monde de répéter son titre de la veille qui était le
même : « Chávez
présente devant le Parlement sa proposition de réélection indéfinie ». De son côté, El Mundo titre : « Chávez présente comme « socialiste » sa réélection indéfinie » et le
journal ABC titre : « Hugo Chávez
présente son plan pour rester perpétuellement à la Présidence ». Pourtant aucun de ces médias n’a recueilli une autre reforme législative annoncée se même
jour, celle-là aux Etats Unis dont le Département de la Justice est en train de mettre au point les modifications légales nécessaires pour raccourcir les délais dont disposent les condamnés à
mort pour faire appel de leur sentence et donc pour procéder aux exécutions plus rapidement.
Alors qu’il serait tellement plus simple d’accepter la décision finale des vénézuéliens !.
Source : Rebelión www.rebelion.org Traduction : Manuel Colinas
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5360
José Ramon Rivero. En ces temps où les gouvernements capitalistes démantèlent les conquêtes historiques des travailleurs, une réforme du temps de travail s’inscrit forcément en porte-à-faux. Au Venezuela, nous allons à contresens du néolibéralisme. Lorsque ses tenants préconisent la privatisation de la sécurité sociale, nous, nous garantissons qu’elle sera publique, universelle et solidaire. Ils prônent l’idée que le rôle de l’État doit se fragmenter, qu’il doit déléguer ses fonctions. Nous, nous considérons que pour affronter les innombrables défis qui nous attendent, l’État doit être solide, conséquent, unitaire, avec des politiques claires. C’est donc une mesure à caractère socialiste qui puise ses origines dans les mouvements de travailleurs. C’était une proposition défendue aussi par les secteurs bourgeois et libéraux, qui l’ont peu à peu abandonné après la chute du mur de Berlin. Depuis, ils démantèlent les acquis sociaux.
José Ramon Rivero. Les dernières statistiques font état d’un taux de chômage à 8,8 %. Cette réforme va surtout modifier les habitudes de travail. Les entreprises vont devoir se réorganiser. Nous souhaitons aussi que l’utilisation du temps libre soit bénéfique aux travailleurs, avec la régénération de la culture et de l’art, le développement universitaire, le sport, la vie familiale.
José Ramon Rivero. Le salaire minimum se situe aux alentours de 286 dollars. Il a augmenté continuellement ces huit dernières années pour se situer en moyenne au-dessus de l’inflation. Excepté l’année qui a suivi le coup d’État et le sabotage pétrolier dirigé par la Centrale des travailleurs du Venezuela CTV (respectivement en 2002 et 2003 - NDLR). C’est un indicateur essentiel, car le salaire minimum sert de référent au montant des retraites. À chaque fois que le salaire minimum augmente, nous alignons les retraites au même niveau. Lorsque le président Chavez est arrivé au gouvernement en 1998, il y avait 335 000 retraités (sur une population de 26 millions - NDLR). Aujourd’hui, ils sont 1,74 million. Par le biais de l’organisme de sécurité sociale, qui était sur le point d’être privatisé en 1998, nous avons pu mettre en oeuvre cette politique en direction des retraités.
José Ramon Rivero. Permettez-moi de vous dire que cela a été difficile. La principale représentante de ce secteur, Fedecamaras (confédération patronale), s’est employée ces dernières années à conspirer pour renverser le pouvoir en place. Le gouvernement et les entrepreneurs des coopératives, par un dialogue social effectif, direct, cherchent le chemin d’un établissement productif pour résoudre leurs problèmes. Certains secteurs, comme celui de l’assemblage automobile, ont une relation directe avec le gouvernement, faute d’intermédiaires. Nous avons récupéré 1 114 entreprises qui étaient fermées ou en situation difficile, avec un projet global de près 520 millions de dollars. À ce jour, nous avons versé la moitié de cette somme. Il y a eu des nationalisa tions d’entreprises transnationales. D’autres ont été récupérées parce qu’elles étaient hors service. Le PIB a crû de 7 % ces dernières années. Nous enregistrons quatorze trimestres de croissance consécutifs. En termes de croissance, j’insiste, le secteur qui a le plus augmenté est le secteur privé. Il est dommageable que Fedecamaras supplante la représentativité des entrepreneurs pour fonctionner comme un parti politique.
José Ramon Rivero. Les politiques et les « paquets » économiques libéraux du FMI ont été à l’origine de l’appauvrissement de nouveaux secteurs de la population, de la privatisation de presque toutes les entreprises dans certains pays du continent… Le moins que nous puissions faire est de dénoncer cette politique erronée. Ces institutions sont dans une situation critique. Cela conforte les États qui avancent l’idée d’une politique souveraine. La création d’une banque du Sud repose sur des accords d’intégration, basés sur la solidarité avant la rentabilité. La complémentarité et la multipolarité sont essentielles pour affronter l’idée qu’il n’existerait qu’un seul bloc hégémonique dirigé par Washington qui fait et défait le monde comme bon lui semble.
Les défis du boom pétrolier
Bien que l’opposition attribue la force de Chávez à la période de hausse des prix des hydrocarbures, la vérité est que le secteur non pétrolier de l’économie affiche une croissance supérieure à celle du secteur pétrolier. Le marché interne est en pleine ascension et les avancées en matière d’infrastructures nationales sont indéniables. De surcroît, le pays a vu ses réserves grimper jusqu’à 36 milliards de dollars. Et surtout, il progresse peu à peu dans la construction d’un « socialisme à la vénézuélienne », d’un « socialisme du 21e siècle ». par Luciano Wexell Severo 7 mai 2007
Une lecture facile de la situation actuelle du Venezuela donnerait le pétrole comme seul et unique facteur. Certes, le pétrole est important, mais il est également de nombreux autres aspects qui expliquent ce qui se passe dans ce pays de la zone andine. Une approche de premier plan permet d’apporter quelques réponses.
SUITE www.risal.collectifs.net/article.php3?id_article=2212
Eh oui ! Si tous les médias l’assurent, le susurrent, le trompettent... Mais en huit ans de révolution, la démocratie participative a beaucoup progressé au Venezuela. Plus vite que la justice sociale. Celle-ci a subi la résistance de lobbies économiques, l’inertie ou la corruption de fonctionnaires, le coup d’État et le sabotage économique de 2002. C’est pour donner un coup d´accélérateur aux réformes que les Vénézuéliens ont réélu Hugo Chávez à 62,8 % en décembre. Un scrutin qualifié de « transparent, équitable et démocratique » par l’Organisation des États américains, l’Union européenne et le Centre Carter.
Tenant ses promesses, Chávez annonce en janvier un contrôle accru de la banque centrale pour financer les programmes sociaux ; la nationalisation des compagnies de téléphone et d´électricité, qui permettra d´étendre le service public aux secteurs exclus car peu « rentables » comme les secteurs ruraux ; l’accroissement des parts de l’État dans les sociétés mixtes pétro lières – atout majeur pour le développement et garantie, pour les ouvriers pétroliers, de nouveaux droits sociaux ; l’explosion des « conseils communaux » où des millions de citoyens géreront avec l’État 3,8 milliards d’euros en 2007 pour construire écoles, routes, hôpitaux, logements sociaux, coopératives – la vigilance populaire limitant la corruption. Pour réaliser et accélérer ce vaste programme, le président a demandé aux députés le permis de légiférer seul pendant 18 mois. Un droit constitutionnel qu’il avait déjà obtenu en 2000, créant 49 lois, dont celle de la réforme agraire ou de la nationalisation du pétrole. Les décrets de Chávez ne visent pas à imposer, comme ailleurs, le néolibéralisme. Ses prédécesseurs ont usé du même droit. Thomas Shannon, le diplomate américain chargé de l’Amérique latine a d’ailleurs concédé dans un commentaire inhabituellement amical que cette disposition « est valable sous la Constitution et comme tout outil démocratique, dépend de comment on l’utilise ». Le Parlement continuera de son côté à discuter un large éventail de lois. Faire de ces « pouvoirs spéciaux » « un pas vers la dictature » est donc une énième supercherie, la plus absurde sans doute, au bas d’une liste trop longue [1]. Légitimé par une dizaine d’élections en sept ans, « Chávez a injecté une bonne dose de vitamines à la démocratie latino-américaine », dit l’écrivain Eduardo Galeano. En Bolivie, en Équateur, d’autres majorités exclues par l’élite blanche refondent des républiques égalitaires au moyen d’élections libres et d’assemblées constituantes. Chávez vante la tradition des militaires démocrates tels le Péruvien Velazco ou le Guatémaltèque Arbenz, promoteurs des droits de la femme et de réformes agraires. À l’académie, déjà, il traçait une ligne de partage entre les gorilles à la Pinochet et les militaires respectueux des libertés. Jeune soldat, il refusa de réprimer des paysans [2].
La Constitution bolivarienne est la seule au monde à instaurer un référendum révocatoire. Les citoyens peuvent révoquer un élu, maire ou président, à mi-mandat. L’opposition en a fait usage en 2004. Chávez a remporté le référendum, validé par les observateurs internationaux. Bush et Blair seraient-ils encore en place si leurs peuples jouissaient du même droit ?
En 2007, 90 % des ondes radios et TV et presque toute la presse écrite restent aux mains d’une élite qui a mené le putsch sanglant de 2002 contre Chavez. Le gouverne ment, lui, développe la liberté d’expression en légalisant, sans les contrôler, des centaines de radios et télévisions associatives jadis réprimées, en créant des télévisions publiques au service des mouvements sociaux comme TeleSur ou Vive, en remettant la concession (qui expire en mai 2007) d’une télévision privée putschiste à ses travailleurs, aux producteurs indépendants, aux organisations citoyennes. D’où la rage des médias dominants, qui n’hésitent plus à reprendre les mensonges éhontés de la droite vénézué lienne. Les médias rachetés par la Bourse veulent faire accepter à la plèbe ignorante un monde sans États, sans services publics et punissent les contrevenants. Les peuples d’Équateur, de Bolivie et du Venezuela leur ont dit non.
Thierry Deronne est licencié en communications sociales (IHECS Bruxelles), cofondateur des télévisions associatives Teletambores et Camunare Rojo Tv, et vice-président de la télévision publique ViVe TV. Texte publié par L’Humanité Dimanche, n° 50, 1er AU 7 MARS 2007, soumis à republication par l’auteur.
Notes [1] Voir à ce sujet les articles publiés sur : www.acrimed.org.[2] Voir Le Venezuela de Chavez, par Maurice Lemoine. Éditions Alternatives. Novembre 2006.
