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Aujourd’hui celui qui est isolé c’est Bush
Par Eduardo Cornejo Deacosta
Source : Los papeles de Mandinga (hebdomadaire bolivarien) Caracas 24 janvier 2006
Cette année 2006 qui commence représente pour les Latinoaméricains le déploiement définitif du rêve bolivarien de l’intégration. Une série de changements sociaux et politiques survenus ces dernières années se cristallisent avec l’installation de gouvernements de gauche et nationalistes, dont le dernier a été l’élection avec 54% des voix du dirigeant agricole Evo Morales comme Président de la République de Bolivie. Ce résultat a été obtenu malgré la millionnaire campagne publicitaire nationale et internationale lancée par ses opposants soutenus par la Maison Blanche , qui dénonçaient le Président élu comme membre de l’ « axe du mal », en compagnie du Président vénézuélien Hugo Chávez Frías et du Président cubain Fidel Castro. Le malaise à Washington s’est rapidement manifesté, par la voix des porte-parole officiels et officieux, surtout parce que le leader indigène a réitéré son alignement avec Chávez et Castro, ainsi que son positionnement indépendantiste. Les secteurs réactionnaires qui voient un panorama sud-américain dominé par des gouvernements de gauche n’ont pas tardé à se manifester. Ce n’est pas par hasard que le Président péruvien Alejandro Toledo, qui devra probablement remettre la bande présidentielle au candidat nationaliste Ollanta Humala Tasso, a provoqué un incident diplomatique avec le Venezuela. Pas plus que ne sont dues au hasard les déclarations du « cachorro » [petit chiot] Vicente Fox contre Evo Morales. Fox est également sur le départ et en juin il remettra le pouvoir au candidat de la gauche Andrés Manuel López Obrador. Notre continent vire à gauche, les Etats-Unis perdent le contrôle de la région, tandis que l’intégration se poursuit irrésistible.
La fin de l’histoire ?
A la fin des années 1980 du siècle passé, qui osait remettre en cause le système néolibéral était vu comme un paria dans les cercles intellectuels et politiques de l’Amérique latine. Le Mur de Berlin par terre a signifié la possibilité pour Washington d’imposer sans plus la moindre pudeur, ses politiques économiques par la voie diplomatique, au moyen des mécanismes financiers internationaux, ou si nécessaire par la force. Mais il est nécessaire de construire un discours politique pour cela, basé sur ce qu’ils appellent la lutte pour la démocratie dans le monde, le soutien aux élections libres dans tous les pays, ils ont ensuite diabolisé tous ceux qui montraient encore quelque trace de socialisme, et surtout ils en sont venu à imposer le libre-marché. Leurs intellectuels, parmi lesquels Francis Fukuyama qui avait décrété selon ses oiseuses élucubrations « La Fin de l’Histoire », avaient acquis le statut de « totems », grâce à de millionnaires campagnes médiatiques organisées à l’échelle internationale.
La CIA en action
Tous ces gens-là, les néolibéraux d’alors, ont servilement contribué aux besoins de la politique internationale des Etats-Unis, collaborant à l’expansion des transnationales nord-américaines. Il y a bien eu quelques tentatives de gouvernements indépendants, mais ils ont été liquidés grâce à l’appui de laquais locaux. C’est ce qui s’est produit avec Arbenz, renversé par un coup organisé par la CIA en 1954 ; un an plus tard Perón était renversé en Argentine, victime d’un coup d’Etat militaire. La décennie suivante, à la suite de la Révolution cubaine, des mouvements révolutionnaires sont apparus dans toute l’Amérique du sud. Les guérillas se sont installées dans nos montagnes. Une fois épuisés les régimes dictatoriaux civils ou militaires qui les soutenaient, les Nord-américains ont été contraints de changer de stratégie, c’est ce qui a donné l’Alliance pour le Progrès. L’idée était de donner un aspect démocratique à leur politique internationale, en travaillant avec de partis nouveaux, presque toujours centristes ou de centre-gauche, mais éloignés de Cuba. L’Alliance pour le Progrès, tout comme l’ALCA aujourd’hui mis en échec, offrait des opportunités commerciales, de modernisation ; mais la vérité c’est que l’objectif principal était d’intervenir militairement contre Cuba ou contre tout autre pays qui échapperait à leur domination. Les missions militaires états-uniennes ont été généralisées dans tous nos pays, avec les conseillers et leurs programmes d’endoctrinement. La promotion de l’assassinat Pendant ces années-là Rómulo Betancourt présidait le Venezuela, Fernando Belaunde le Pérou, Paz Estensoro la Bolivie , Frondizi l’Argentine et Quadros le Brésil. En 1970 Washington n’a pas hésité à apporter de nouveau son soutien à des régimes militaires qui acceptaient ses orientations. Washington a dû affronter au Pérou, en Bolivie et en Equateur des gouvernements conduits par des militaires nationalistes qui avaient remplacé des présidents pro-nord-américains. L’inquiétude a augmenté lorsque Salvador Allende a remporté les élections au Chili en 1970. La peur que ne s’étende « le mauvais exemple » a conduit les faucons états-uniens à durcir leurs procédés politiques et économiques. Avec le même double discours qu’ils utilisent aujourd’hui, ils prétendaient soutenir la démocratie, mais ils ont donné leur feu vert à la répression de Costa Silva au Brésil pour contenir les mouvements sociaux. Ils ont endoctriné les dictateurs argentins qui entre 1976 et 1982 ont assassiné des milliers d’opposants. Mais là où ils ont probablement agi avec la plus grande férocité c’est au Chili. La Maison Blanche a organisé dans ce pays de l’extrême sud un coup d’Etat militaire sanguinaire. Avec le soutien enthousiasme de l’élite économique chilienne, ils ont installé au pouvoir le général Augusto Pinochet, maintenu à la présidence pendant 16 ans. C’est ce dictateur et d’autres moins mémorables qui ont été utilisés par Washington pour accommoder les structures juridiques et économiques des pays au modèle néolibéral.
Combattant solitaire
En 1989 le bloc soviétique disparu, le monde devenu unipolaire, Washington impose en Amérique latine le « Consensus de Washington », une autre Alliance pour le Progrès, utilisant la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, lesquels tels des sicaires exerçaient un chantage et réalisaient des pressions sur les pays qui tentaient de rompre avec les recettes imposées. C’est dans ce but qu’ils ont fait disparaître les barrières commerciales, qu’ils ont privatisé les entreprises publiques, qu’ils ont stimulé l’investissement étranger avec des lois humiliantes et indignes, qu’ils ont flexibilisé le marché du travail pour que les entreprises états-uniennes disposent de main-d’œuvre bon marché, qu’ils ont retiré tout contrôle ou régulation à l’activité bancaire, qu’ils ont permis l’exploitation irrationnelle des ressources naturelles et qu’ils ont cédé toute latitude aux entreprises transnationales. En gestation depuis 1992, un phénomène politique surgit au Venezuela en 1998, l’irruption à la présidence du lieutenant-colonel Hugo Chávez Frías. Ferme dans ses principes nationalistes, favorable à une politique internationale indépendante, il représente depuis lors un casse-tête pour les Etats-Unis. Washington a d’abord cherché à le caricaturer lorsqu’il a rendu public et officialisé son alliance avec Cuba et lorsqu’il a visité les pays de Moyen-orient pour rendre sa vitalité à l’OPEP. Voyant que son message donne des résultats, que les prix du pétrole augmentent dans une grande mesure grâce à son action, ils sont passés de la caricature à la diabolisation et à l’isolement. Il faut rappeler que lorsque Chávez parvient à la présidence et parle d’intégration entre pays frères, tous les présidents sud-américains étaient alignés sur les positions de la Maison Blanche , tous étaient partisans du néolibéralisme.
L’histoire tourne
Mais le néolibéralisme dans notre région n’a semé que la faim et a ouvert de larges brèches sociales. Ce n’est pas pour rien que nous sommes le continent le plus injuste en matière de distribution économique et sociale. Le néolibéralisme a retiré les protections aux travailleurs, il a fait augmenter le chômage. Cela a provoqué dans tous les pays des mouvements d’opposition au système. L’Argentine, dont l’économie était parmi les plus importantes d’Amérique du sud, a vu ses présidents tomber sans parvenir à la fin de leur mandat, incapables de régler la crise économique et politique héritée du néolibéralisme, laquelle avait eu comme pion obséquieux Carlos Ménem. Le Brésil, géant économique avec un important développement industriel, ne pouvait pas répondre aux nécessités concernant l’éducation, la santé et l’emploi, pour ses millions d’habitants. Avec le regard toujours tourné vers les Etats-Unis ou l’Europe les Brésiliens n’ont jamais vraiment été intéressés par l’intégration avec leurs voisins. C’est avec l’arrivée de Lula au pouvoir qu’ils reconsidèrent leur politique internationale et se tournent vers nous. L’ex-ouvrier métallurgiste se rapproche du Venezuela comme il l’a fait avec Cuba, il travaille au MERCOSUR et il développe une politique internationale souveraine. Néstor Kirchner, à la suite du désastre hérité de Ménem, rompt avec les recettes du FMI et récupère son économie. Il se libère de la tutelle nord-américaine et il conforme un bloc avec Chávez et Lula. Tabaré Vázquez se joint à eux ainsi que le président paraguayen Duarte. L’an passé à Mar del Plata, lors du Sommet présidentiel, ils ont en pratique donné le coup de grâce à la Zone de Libre-échange des Amériques (ZLEA–ALCA). Les Etats-Unis ont voulu renverser Chávez par un coup d’Etat militaire, par une grève patronale soutenue par une partie du haut clergé, soutenue par une hiérarchie syndicale corrompue et soutenue par des medias nettement pro-états-uniens. Puis ils ont voulu le renverser par un referendum révocatoire et par des actions terroristes, auxquels ont participé les paramilitaires colombiens. Aujourd’hui Chávez n’est plus seul. Les Etats-Unis connaissent son influence dans la région et dans la victoire d’Evo Morales, dans la possible victoire d’Ollanta Humala au Pérou et dans la force croissante de la gauche en Equateur, proche du président vénézuélien. Ils mettent tout en œuvre pour que leurs cauchemars ne deviennent pas réalité. Mais il n’est plus possible d’isoler Chávez. Au contraire, ceux qui, en raison de leur maladresse et de leur arrogance, s’éloignent de l’Amérique latine ce sont les faucons de la Maison Blanche.
Le cachorro Fox
Aujourd’hui, presque sans base sûre, les Etats-uniens font appel à leurs cachorros [petits chiots] pour envenimer la situation régionale. Alejandro Toledo et Vicente Fox jouent le triste rôle de marionnettes de Washington ; tous les deux achèvent cette année leur mandat et leur popularité est au plus bas. Utiliser des présidents sortants pour ses coups tordus c’est une habituel pour le gouvernement états-unien. Souvenons-nous de la tristement célèbre Mireya Moscoso et de son amnistie accordée au terroriste Luis Posada Carriles. C’est pour cela que nous n’avons pas été surpris que le 11 janvier dernier les agences internationales d’information aient rendu publiques les attaques verbales de Fox contre Evo Morales. De façon responsable Armando Loaiza, Ministre des affaires étrangères bolivien, et l’entourage du président élu ont démenti que les propos de [Fox] l’ex-employé de Coca-Cola puissent ternir les relations entre les deux pays. Plus direct Antonio Peredo, sénateur du Mouvement au Socialisme (MAS) bolivien, a considéré que les déclarations de Fox semblent être produites à la demande de Bush, juste quand ces deux pays s’apprêtent à discuter de questions énergétiques. Fox avait dit que si la Bolivie ne voulait plus exporter de gaz au Mexique les Boliviens allaient certainement manger ce combustible. Morales n’a jamais dit qu’il ne vendrait pas de gaz au Mexique. On se souvient en Bolivie de la façon dont celui qui faisaient face à des critiques, en raison du comportement de son épouse, avait agressé verbalement les présidents argentin Néstor Kirchner et vénézuélien Hugo Chávez parce qu’ils s’opposaient pour des questions de principe et pour des raisons pragmatiques aux politiques hégémoniques des Etats-Unis, lors du Sommet présidentiel de Mar del Plata. Comme c’était prévisible, ce président sur le départ avait alors provoqué des réponses énergiques de la part de Caracas et de Buenos Aires.
Le cachorro Toledo
Par ailleurs, à la suite de propos de Chávez, qui ne concernaient en rien les relations entre le Pérou et le Venezuela, manifestant sa sympathie envers le candidat nationaliste péruvien Ollanta Humala, le cachorro des Andes Alejandro Toledo a rappelé l’ambassadeur péruvien à Caracas pour consultation à son pays. Une décision complètement déplacée et critiquée par les politiciens de toutes les orientations politiques dans la course pour la présidence du Pérou. Alan García, leader du parti apriste et important candidat présidentiel, a déclaré que l’attitude du gouvernement péruvien avait été inadéquate. Rafael Rey, dirigeant de l’alliance électorale de droite Unidad Nacional qui présente Lourdes Flores à la présidence, était d’accord avec García et il a ajouté que celui qui allait tirer profit de cette impasse diplomatique ce serait Ollanta Humala. Journaliste influent dans la presse favorable au gouvernement, Mirko Lauer a déclaré que, même si on ne peut pas affirmer que le geste de Toledo a été ordonné par Washington, il correspond aux attentes de l’équipe qui soutient Lourdes Flores Nano dans sa campagne. Alors que l’incident était considéré clos, quelques propos de Chávez, évaluant la réaction du gouvernement tolediste comme démesurée et rappelant que la candidate de l’oligarchie péruvienne Lourdes Flores Nano l’avait agressé verbalement, ont occasionné une deuxième attaque de Toledo. Comme à Mar del Plata ce dernier a une nouvelle fois prétendu s’affronter personnellement au président vénézuélien en l’accusant de s’immiscer dans les affaires intérieures péruviennes et de menacer la souveraineté du Pérou. Pour le Venezuela c’est le vice-président José Vicente Rangel qui a indiqué que les propos d’Alejandro Toledo contre Hugo Chávez étaient prononcés à l’ombre de son échec dans la gestion du pays. Dans ce jeu d’escrime verbal, Pedro Pablo Kuczynski, président du conseil des ministres péruvien, a nié que la gestion présidentielle tolediste puisse être considérée comme un échec, puisque les chiffes macro-économiques à la fin de ce régime sont favorables. Bien sûr Kuczynski a évité de préciser pourquoi, si les résultats de la gestion sont favorables comme il le soutient, les niveaux de popularité d’Alejandro Toledo oscillent entre 6 et 9 pour cent. Le ministre Kuczynski –en fait de nationalité états-unienne, ce qui avait provoqué son interpellation par le congrès péruvien durant les années 1980 lors du second gouvernement de Fernando Belaunde– a été un opérateur des entreprises transnationales états-uniennes et des organismes comme le FMI. Il est actuellement l’un des promoteurs de la Zone de Libre-échange des Amériques [ZLEA–ALCA], laquelle a été rejetée par la majorité des entrepreneurs nationalistes et des travailleurs péruviens et il est parmi ceux qui attaquent le plus durement Ollanta Humala. --- Traduction : Numancia Martínez Poggi
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Voisinage dangereux
Par Noam Chomsky
« Comment le Venezuela maintient le chauffage dans les foyers du Massachussetts », lit-on dans les principaux quotidiens états-uniens, une annonce publicitaire de l’entreprise pétrolière d’Etat vénézuélienne, PDVSA, et de sa filiale basée à Houston, CITGO.
La publicité donne la description d’un dispositif, lancé la par le Président vénézuélien Hugo Chávez, visant à vendre du fuel pour le chauffage à prix réduit parmi les communautés à faibles revenus de Boston, dans le South Bronx et ailleurs aux Etats-Unis – un des gestes les plus ironiques de toute l’histoire du dialogue Nord-Sud. L’accord a été conclut à la suite du courrier adressé par un groupe de sénateurs à neuf entreprises pour leur demander d’utiliser une partie de leurs profits records pour permettre aux gens modestes de payer leur chauffage. La seule réponse est venue de CITGO.
Aux Etats-Unis, les commentaires sur cet accord sont amers dans le meilleur des cas, estimant que Chávez, qui a accusé Bush de vouloir renverser son gouvernement, poursuit des objectifs politiques – à la différence, par exemple, des plans purement humanitaires de l’Agency for International Development des Etats-Unis, USAID.
Le fuel de chauffage de Chávez représente l’un des nombreux défis provenant de l’Amérique latine pour les planificateurs de la grande stratégie de Washington. La bruyante protestation lors du voyage de Président Bush le mois dernier au Sommet des Amériques, en Argentine, accroît le problème. Du Venezuela à l’Argentine, l’hémisphère est en train d’échapper à tout contrôle, avec partout des gouvernements de centre-gauche. Y compris en Amérique centrale, souffrant encore des effets de la « guerre à la terreur » du Président Reagan, le couvercle ne tient plus en place. Dans le Cône sud, la population indigène est devenue plus active et plus influente, notamment en Bolivie et en Equateur, deux pays grands producteurs d’énergie, là où il existe une opposition à la production de gaz et de pétrole, ou bien s’exprime la volonté que ces ressources soient sous contrôle local. Certains revendiquent même une « Nation Indienne » en Amérique du sud.
Cependant l’intégration économique se renforce, renversant l’isolement relatif remontant à la conquête espagnole. Mieux, les relations sud-sud s’accroissent avec les grandes puissances que sont le Brésil, l’Afrique du sud et l’Inde, notamment dans le domaine économique.
L’Amérique latine dans son ensemble accroît ses relations, économiques entre autres, avec l’Union européenne et avec la Chine, connaissant quelques à-coups, mais la tendance à l’augmentation est réelle, notamment pour les exportateurs de matières premières, comme le Brésil et le Chili.
Le Venezuela est certainement le pays d’Amérique latine qui s’est le plus rapproché de la Chine, et le Venezuela envisage de vendre de plus en plus de pétrole à la Chine afin de réduire la dépendance vis-à-vis du gouvernement états-unien, lequel a montré son hostilité. De fait, le problème le plus ardent pour Washington dans la région c’est le Venezuela, lequel fournit 15 pour cent des importations états-uniennes en pétrole.
Chávez, élu en 1998, fait preuve du genre de nationalisme que les Etats-Unis considèrent comme un défi – tout comme dans le cas de l’allié de Chávez Fidel Castro. En 2002 Washington, conformément à la conception de la démocratie du Président Bush, a soutenu un coup d’Etat militaire qui a brièvement renversé le gouvernement Chávez. Cependant, le gouvernement Bush avait alors dû faire marche arrière en raison de l’opposition au coup, aussi bien au Venezuela qu’en Amérique latine.
Pour achever d’affliger Washington, Cuba et le Venezuela resserrent solidement leurs liens. Le Venezuela offre du pétrole à bas coût tandis que Cuba organise des plans pour l’alphabétisation et pour la santé et envoie des milliers d’enseignants et de médecins, lesquels, comme ailleurs, travaillent dans les zones les plus pauvres, auparavant ignorées.
Des projets communs entre le Venezuela et Cuba ont également un impact considérable dans les pays des Antilles, où, dans le cadre du Plan Milagro financé par le Venezuela, des médecins cubains apportent les soins à ceux qui n’avaient aucun espoir d’en bénéficier. Chávez a remporté à plusieurs reprises, et malgré l’hostilité des médias les plus puissants, des élections et des referendums surveillés de prêt. Le soutien au gouvernement élu s’est accru durant les années Chávez. Le vétéran correspondant en Amérique latine Hugh O’ Shaughnessy explique pourquoi dans un reportage paru dans le Irish Times :
« Au Venezuela, où l’économie pétrolière a pendant des décennies produit splendide petite couche de gens superriches, un quart des moins de 15 ans souffre de la faim, par exemple, et 60 pour cent des plus de 59 ans n’ont aucun revenu. Moins d’un cinquième de la population dispose de la sécurité sociale. Ce n’est que maintenant, avec le Président Chávez, que la médecine a commencé à faire partie de la réalité de la grande majorité plongée dans la pauvreté dans cette société riche mais profondément divisée et au fonctionnement impossible. Depuis sa victoire lors des élections démocratiques et depuis qu’il a commencé à transformer les secteurs de la santé et de la sécurité sociale pour en faire bénéficier fortement la majorité de la population, le progrès a été lent. Mais il a été perceptible… »
Maintenant le Venezuela rejoint le MERCOSUR, le principal bloc économique de l’Amérique du sud. Le MERCOSUR, qui réunit déjà l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, représente une alternative à la soi-disant Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA – ALCA). Des modèles alternatifs sociaux et économiques sont à l’ordre du jour dans la région, comme ailleurs. Des mouvements populaires sans précédent, énormes, se sont développés et ont traversé les frontières – dépassant les questions économiques pour aborder les droits humains, l’environnement, l’indépendance culturelle et les relations de peuple à peuple.
Ces mouvements sont de façon ridicule appelés « anti-globalisation » parce qu’ils sont favorables à une globalisation orientée vers les intérêts des gens, et non ceux des institutions financières et des investisseurs. Les problèmes des Etats-Unis s’étendent aussi bien vers le nord que vers le sud. Pour des raisons évidentes Washington espérait pouvoir compter davantage sur le Canada et sur le Venezuela, ainsi que sur d’autres fournisseurs de pétrole, hors du Moyen-orient.
relations avec le Canada sont tendues et conflictuelles comme jamais auparavant, parmi d’autres raisons, à la suite du rejet par Washington de la décision de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) qui avait donné raison au Canada. Comme l’explique Joel Brinkley dans le New York Times, « c’est partiellement pour cette raison, que le Canada œuvre au renforcement de ses relations avec la Chine (et) certains officiels disent que le Canada pourrait réorienter une partie significative de son commerce, particulièrement le pétrole, des Etats-Unis vers la Chine ». C’est vraiment fort de la part des Etats-Unis de réussir à se brouiller y compris avec le Canada. La politique latino-américaine de Washington ne fait que renforcer l’isolement des Etats-Unis. Un exemple récent : pour la 14ème année consécutive l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté contre l’embargo commercial que les Etats-Unis maintiennent à l’encontre de Cuba. Le vote de la résolution a été de 182 contre 4, les Etats-Unis, Israël, les Iles Marshall et Palau. La Micronésie s’est abstenue.
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Traduction : Numancia Martinez Poggi
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Le dernier livre de Noam Chomsky est
“Imperial Ambitions : Conversations on the Post-9/11 World”
Ambassade de
la République Bolivarienne du Venezuela
Washington DC
Communiqué de presse
24 janvier 2006
Luis Posada Carriles est un terroriste ayant fuit la justice vénézuelienne. Il est responsable de l´explosion en vol d´un avion qui comptait 73 passagers a bord, dont une femme enceinte. Cet acte terroriste eut lieu en octobre 1976. Posada Carriles s´est échappé de la prison de Caracas avant que
la Court puisse émettre un quelconque verdict. Il doit être extradé au Venezuela pour répondre des charges qui pèsent sur lui en rapport a l´assassinat de 73 personnes.
Quand le gouvernement de
la République Bolivarienne du Venezuela a su que Posada Carriles vivait à Miami, elle a fait la demande d´une détention préventive dans l´objectif d´une extradition pour s´assurer qu´il n´échapperait pas une nouvelle fois à la justice. Au lieu de répondre à cette demande, quatre jours après, le 17 mai 2005, le département de Sécurité des Etats Unis l´emprisonna en raison d´immigration illégale.
L´Administration Bush n´a pas donné suite a la demande d´extradition réalisée par le gouvernement de
la République Bolivarienne du Venezuela, et a choisit de traiter la cas Posada comme un simple délit d´immigration. C´est pour cela que aujourd´hui, ce terroriste, l´Oussama Ben Laden d´Amérique Latine, est a deux doigts d´être libéré.
Les Etats Unis sont obligés de remplir leurs devoirs quand à la demande d´extradition que le Venezuela a déposé devant
la Cour Fédérale. Le 09 novembre 2005, le département d´Etat a envoyé une note diplomatique a notre ambassade, l´informant qu´ils enverraient “prochainement” des “questions et préoccupations” en relation au cas Posada.
Nous n´avons toujours rien reçu, et maintenant le terroriste est a la porte de sortie de la prison.
L´Administration Bush est obligée d´extrader au Venezuela ou de juger aux Etats Unis Posada Carriles pour assassinat de premier degré. La demande d´extradition par le Venezuela se base sur trois instruments spécifiques légaux :
1) Le traité d´extradition existant entre le Venezuela et les Etats Unis
2)
La Convention pour la répression des Actes Illicites contre
la Sécurité de l´Aviation Civile signé a Montréal.
3)
La Convention Internationale pour la répression des attaques terroristes.
L´Article 7 de
la Convention pour la répression des Actes Illicites contre
la Sécurité de l´Aviation Civile stipule catégoriquement que “l´Etat dans lequel se trouve le présumé délinquant, s´il ne procède pas a son extradition lui même, soumettra le cas aux autorités compétentes a fin de procédé au jugement, sans exception aucune et en totale indépendance du fait que l´acte fut commis sur son territoire ou non”. Les Etats Unis refuse de se baser sur la loi. Ils doivent extrader ou juger Posada. Une fois encore, nous exigeons du gouvernement des Etats Unis de respecter la loi existante et de traiter le cas Posada Carriles.
Une guerre contre le terrorisme ne peut être livré “a la carte”, en sélectionnant quel terroriste il faut juger ou non. Le terrorisme est le terrorisme, point final.
Si un autre pays capture Oussama Bin Laden, les familles des victimes du 11 septembre 2001 n´exigeraient-elles pas que le terroriste sois jugé pour assassinat ? Comment se sentirait le Peuple étatsunien si ceux qui capturaient Oussama Bin Laden au lieu de le juger pour ses crimes, transformaient la charge en un délit mineur d´immigration ?
Traduction MCI
Granma Internacional La Havane. 5 Janvier 2006
WASHINGTON, le 4 janvier. – Le gouvernement étasunien considère la possibilité d’accorder la liberté conditionnelle au terroriste Luis Posada Carriles, après son refus de l’extrader au Venezuela, rapporte aujourd’hui un quotidien de Miami, selon Prensa Latina.
Selon l’édition en espagnol du journal The Miami Herald, le statut de Posada, reclus dans un centre de détention du service d’immigration au Texas, sera révisé le 24 janvier prochain, malgré les protestations de personnalités qui considèrent inadmissible d’accorder la résidence à un terroriste d’après les principes proclamés par le propre Bush.
Une note émise par le Bureau d’immigration et du contrôle des douanes (ICE) informe aux avocats du criminel qu’on tiendra compte si celui-ci peut représenter un danger pour la communauté et si dans le futur il serait disposé à comparaître régulièrement devant les autorités.
«Cela signifie que le gouvernement va réviser absolument tout concernant mon client: ses antécédents, son service dans l’armée étasunienne, son passé au Venezuela, jusqu’au lieu où il a résidé et qui ont été ses protecteurs », a déclaré l’avocat Eduardo Soto.
Le verdict sur l’élargissement ou la détention pourrait se produire dans les 60 prochains jours, indique le Herald.
Pour le 24 janvier, Soto devra présenter une documentation importante pour soutenir la libération conditionnelle de Posada, qui est arrêté depuis le 17 mai dernier.
Diario Vea Vendredi 16 décembre 2005 Prochainement Cuba donnera une imprimerie et une installation de télévision à l’Etat Anzoátegui, a déclaré le Gouverneur Tarek William Saab. Le don fait partie de l’accord signé entre le Venezuela et Cuba selon lequel Anzoátegui recevra également 64 centres de santé, un site pour l’élaboration du lait de soja, deux installations pour le sucre et l’éthanol ; ainsi qu’un projet d’accompagnement dans la culture et le tourisme. Le Gouverneur Tarek a offert des informations à propos des résultats obtenus lors de sa récente visite à l’île de Cuba, les 9,10 et 11 décembre ; dans le cadre de la coopération et du soutien aux activités diplomatiques du Président Chávez. « Ces activités sont réalisées par le Gouvernement Révolutionnaire de l’Anzoátegui selon les principes de la diplomatie décentralisée et dans le cadre du renforcement et du développement des plans du gouvernement national ». Il a rappelé que c’est selon le même principe que l’Etat d’Anzoátegui a reçu des délégations de France, d’Angleterre, de Chine et d’Iran, ce qui a conduit à la création d’associations de fraternité avec les provinces de Punta del Este (Uruguay), Shandong (nord-est de la Chine), l’Etat de Paraná (Brésil). Avec ces derniers nous avons renforcé nos relations, parvenant à orienter vers la région 31 centres de diagnostic intégral, 31 salles de réhabilitation et deux centre de haute technologie pour apporter la santé aux habitants. -- Traduction : Numancia Poggi
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